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Le Média Libre de La Suisse Indépendante et Neutre...

Didier Raoult: « Le temps se chargera de séparer les grands scientifiques des imposteurs »

15 Décembre 2022, 22:23pm

Le 30 septembre 2020, Etienne Girard, journaliste à Marianne racontait les coulisses de l'entretien de Didier Raoult avec «Marianne».

Le 30 septembre 2020, Etienne Girard, journaliste à Marianne racontait les coulisses de l'entretien de Didier Raoult avec «Marianne».

À l’occasion de la sortie du livre «La science est un sport de combat», Etienne Girard rédacteur en chef à «Marianne», a rencontré le professeur Didier Raoult dans son bureau à Marseille, et a «bataillé» avec lui. Crise du Covid mal gérée, chloroquine forcément efficace, références politiques, le professeur a tenté de convaincre son interlocuteur...

 

Découvrez ici les coulisses de cet entretien avec Didier Raoult

 

Le 17 septembre 2020, le prof Raoult, recevait le journaliste parisien dans son bureau de l'IHU de Marseille. Derrière son bureau parsemé de papiers, le chercheur s'est livre durant trois heures vingt, présentant des graphiques, racontant des anecdotes, détaillant les résultats de ses travaux en microbiologie et maladies infectieuses et répondant aux questions du journaliste. Ambiance et morceaux choisis:

 

Marianne : Dans votre livre, vous déployez une rude critique contre le conformisme du monde scientifique. Qu'est-ce qui vous permet de dresser ce constat ?

 

Didier Raoult: La science n'est pas épargnée par le monde dans lequel nous vivons. Elle a toujours été influencée. Dans mon livre, j'évoque le cas de cette chercheuse italienne que j'avais interrogée, au début de ma carrière, sur la taille du foie et de la rate, dans des cas de fièvre boutonneuse. Dans les observations italiennes, toutes les séries notaient au moins 35% d'augmentation, ce que je ne retrouvais pas. Elle m'a expliqué qu'elle n'en trouvait pas non plus, mais qu'elle ne pouvait pas publier si elle différait de ce qui était écrit partout. C'est assez représentatif d'un état d'esprit. La science, ce ne sont pas que des données mathématiques, c'est de l'humain. Et puis aujourd'hui, la science, c'est un marché, c'est le capitalisme, avec un budget équivalent à celui des armées. Énormément de gens sont employés dans ce mode de vie de congrès et de déplacements, qui n'a plus à rien à voir avec ce qu'il était au XIXe siècle, quand primait la curiosité.

 

Que voulez-vous dire ? Que selon vous, le jugement de certains médecins est pollué par des conflits d'intérêts ?

 

DR: Oui, mais ils sont très divers. Ils peuvent être financiers, liés à des relations interpersonnelles ou idéologiques. Prenez le cas de Didier Musso, un de mes anciens élèves, qui a découvert le rôle pathogène du virus Zika. Il était le numéro un au monde sur ce virus avec 23 publications internationales, majoritairement dans le Lancet, quand je lui ai conseillé de tester l'azithromycine. Cela a extrêmement bien marché, et il a fait un nouveau papier dont cette fois personne ne voulait.

 

Pourquoi, parce qu'il s'agit d'un vieux médicament ?

 

DR: Oui, et c'est génériqué (un médicament est dit générique quand son brevet a expiré, il peut alors être vendu à un prix moindre, ndlr.). Allez dire à des gens qui ont récupéré des sommes considérables pour découvrir des médicaments contre Zika que l'azithromycine qui ne coûte rien fonctionne, et que tout ce qu'ils font est inutile. Vous ne trouverez pas un relecteur de publications qui accepte ça. Moi, j'ai toujours repositionné de vieilles molécules. Mais quand ça arrive dans des domaines avec des enjeux financiers aussi importants, ce n'est plus tolérable.

 

A l'inverse, comment une mauvaise étude scientifique peut-elle être publiée dans une revue de référence ? Il y a quand même des règles, des méthodes, que tout le monde suit.

 

DR: Le plus grand biais, c'est de penser savoir ce que va être le résultat. J'apprends depuis des années aux étudiants que les résultats intéressants sont ceux qui vous contredisent ou sont inattendus. Je leur dis souvent : chercher des résultats dans la poubelle. Ce que vous y avez mis, c'est ce que vous ne compreniez pas en réalité, et c'est là que sont les choses les plus importantes. Exemple, cette étude publiée ces derniers mois dans le British Medical Journal, sur le Covid-19 et l'hydroxychloroquine. Un méthodologiste a décrété qu'on ne prenait pas les malades ayant commencé le traitement plus de deux jours après leur hospitalisation. Personne n'avait jamais inventé un critère pareil. Si on les rajoutait, ça changeait l'interprétation finale. Quand j'en ai parlé à un des auteurs, il m'a répondu que le méthodologiste avait dit que ça ne faisait pas partie des objectifs primaires de l'étude, donc on n'avait pas le droit d'analyser.

 

Quel est l'intérêt de tels tripatouillages ? Il est quand même plus glorifiant de participer à la découverte d'un traitement que de montrer qu'un médicament ne marche pas.

 

DR: Ils veulent avoir raison. Les humains sont comme ça. Mais j'ai tendance à penser qu'on vit une fin de cycle profonde. C'est la fin d'un modèle scientifique qu'on a sous les yeux. Le modèle du progrès, avec la recherche incessante de nouvelles molécules, et de la croissance.

 

Faites-vous un lien entre l'incompétence d'une partie du monde scientifique et le capitalisme ?

 

DR: Non, plus il y a de gens, et plus on est normatif. La capacité à diverger dans un monde très peuplé est très faible, et l'écart type dans une population très dense est toujours plus faible. Il y a une place plus grande pour les extrêmes dans un village que dans des mondes surpeuplés.

 

Qu'est-ce qui l'explique, c'est la peur de déplaire aux pairs ?

 

DR: Non, c'est un phénomène mathématique. Dans n'importe quel domaine, plus vous élargissez les données, plus l'écart-type diminue. C'est le nombre qui fait que la tolérance est moindre. Il est plus facile d'être en dehors du troupeau quand il y a dix bêtes que quand il y en a mille.

 

Dans la faillite de la science que vous décrivez, vous placez la France parmi les mauvais élèves. Pourquoi serait-on pire que les autres ?

 

DR: La France fait partie de l'Occident, qui a globalement une faculté de découverte très affaiblie, à la différence d'une autre partie du monde. La différence se situe au niveau du pragmatisme. Les Chinois, par exemple, sont très pragmatiques. Ils repositionnent des molécules, c'est un des grands bouleversements actuels. Ils se foutent des nouveaux brevets, ce "progrès" vers lequel il faudrait absolument aller. Marcel Gauchet a parlé d'un désenchantement lié à la fin des religions, mais moi je crois qu'on en a une de substitution, la religion du progrès. C'est l'idée qu'on va toujours trouver des choses nouvelles, des molécules. Quand l'idée du progrès s'est développée, on avait froid, on mourait jeune, mais ces problèmes sont résolus. Le XXe siècle a été enchanté, car on pensait que nos enfants vivraient mieux que nous. Maintenant ce n'est plus le cas. L'espérance de vie progresse, mais on n'ira pas beaucoup plus loin. Vous ne vivrez pas 120 ans.

 

En attaquant le système scientifique, vous contribuez au désenchantement dont vous parlez...

 

DR: Pas du tout, moi je suis un enchanteur. Je l'ai dit au Sénat, Des croques sont en train d'angoisser les gens en disant que tout le monde va mourir, alors je dis de se calmer, de s'occuper des gens, que la situation n'est pas désespérée. Ce n'est pas moi qui désespère les gens !

 

Mais vous fustigez les responsables incompétents d'un système médical en faillite.

 

DR: S'ils ne veulent pas s'en rendre compte...

 

C'est pour ça qu'on vous en veut ?

 

DR: Je ne sais pas, c'est la vie qui est comme ça, c'est banal.

 

Une controverse sur une question aussi centrale que le traitement contre une pandémie, c'est du jamais vu.

 

DR: Non, non, vous ne pouvez pas imaginer le bordel causé par la vaccination dans l'histoire de l'humanité, que ce soit avec Jenner ou Pasteur.

 

Oui, mais ils amenaient quelque chose de disruptif alors que vous préconisez d'utiliser un médicament utilisé depuis 70 ans, ce qui n'a rien d'une approche révolutionnaire.

 

DR: Ce qui est révolutionnaire, c'est le repositionnement. Dire qu'un médicament ne peut servir qu'à une seule chose, celle pour laquelle on l'a testé au départ, c'est une connerie. En ce qui concerne les maladies infectieuses, au XXIe siècle, on a inventé un traitement pour l'hépatite C, et c'est tout. Les labos n'ont pourtant jamais gagné autant d'argent.

 

Faut-il s'inquiéter du poids des laboratoires pharmaceutiques en France ?

 

DR: Quand on a un conflit d'intérêts, un biais, on ne traite pas les choses de la même manière. Quand j'étais rédacteur en chef d'un journal scientifique européen, je me suis battu pour que les gens qui avaient des conflits d'intérêts depuis moins de cinq ans ne fassent pas de recommandations. On ne peut pas recommander des médicaments quand on a été payé par celui qui les produit. C'est pour moi un conflit irréductible. Et le conflit d'intérêts, on ne le définit pas soi-même, ce sont les autres qui le définissent.

 

Que faut-il en conclure sur l'état de la médecine en France ?

 

DR: En France, il y a des domaines qui marchent bien. Les maths, la biologie. Mais en médecine, on n'est pas bon. On ne fait plus de recherche médicale, en dehors de bâtards comme moi, à la fois médecins et biologistes, et disposant donc de l'outil biologique pour faire de la recherche. On a assisté à une prise de pouvoir considérable de la méthodologie sur la créativité.

 

Autre élément fondamental dans votre œuvre, vous êtes contre les prédictions, les modélisations.

 

DR: Je suis pour l’empirisme, contre la déduction. Ce qui m’amuse le plus, c’est la découverte par hasard, cette pêche avec des outils qu’on est les premiers à utiliser, ce qui peut permettre de découvrir un monde que personne n’avait vu. La plus grande partie de la médecine a avancé comme ça, par l’empirisme. Cela a fait partie des fantasmes de croire que la médecine n’allait plus être empirique, mais ce n’est pas vrai.

 

D'où vous vient cette défiance à l'égard des méthodologistes ?

 

DR: Leur outil, ce sont les essais randomisés. Ces essais randomisés, je n'y crois pas et je pense que ce n'est pas éthique. Vous avez quand même une chance sur deux de ne pas recevoir de traitement. Moi, je n'en fais pas. Je note d'ailleurs que Yazdan Yazdanpanah (membre du conseil scientifique, ndlr.), qui réclame des essais randomisés pour le Covid, plaidait pour qu'il n'y en ait pas avec Ebola. Par ailleurs, l'idée qu'il existe une méthode sans biais, c'est une idée de fou. Ce qui fonctionne, c'est ce qui est fait correctement. La Cochrane Library a fait une comparaison entre les essais randomisés et les essais observationnels, avec 260 méta-analyses : à la fin, on se rend compte qu'il n'y a pas de différence. On n'a pas eu besoin de d'essai randomisé pour la pénicilline, ni pour aucun des antibiotiques. Mais, aujourd'hui, ça fait partie des choses considérées comme acquises : "Il faut des essais randomisés".

 

DR: Tout le monde dit : "C'est comme ça". Les méthodologistes ne sont pas achetés, je ne dis pas ça, mais ils ont une vision biaisée des choses. En ce qui concerne les maladies infectieuses, 84 % des recommandations ne sont basées sur aucune étude randomisée. C'est juste un mythe de croire que la méthodologie va tout régler. Avec un virus, il suffit de regarder la charge virale. Quand il n'y en a plus, il n'y a plus de virus. L'idée que le même mécanisme d'évaluation peut être fait sur l'infarctus, la démence, le diabète ou les maladies infectieuses aiguës, c'est un truc de fou. C'est une dérive. C'est pour ça que j'ai essayé de produire un choc en disant : "Quand on vous dit que l'hydroxychloroquine tue 10% des gens, vous êtes devant le plus grand scandale scientifique qu'on a jamais eu".

 

Votre combat pour le repositionnement d'une vieille molécule représente-t-il ce que vous qualifiez de "science postmoderne" ?

 

DR: C'est exactement ça. L'idée, c'est l'utilisation d'outils fantastiques sans faire du passé table rase. Les gens qui vivaient il y a deux mille ans n'étaient pas plus cons que nous, et les molécules sont immortelles, tandis que nous avons des outils nouveaux. Mais il y a des modes. A Pasteur, on pensait que le séquençage était une science d'imbécile dans les années 1990.

 

En quoi cette science postmoderne va-t-elle influencer la pensée, comme vous le suggérez dans votre livre ?

 

DR: Grâce à la technologie, on découvre aujourd'hui un monde nouveau, des microbes dont on ignorait l'existence par exemple. Pour les biologistes, le XXIè siècle sera comme la découverte du monde par les Européens au XVIème siècle, avec l'Amérique, l'Australie, toute une partie du monde qui nous était complètement étrangère. Du coup, nous réalisons que nous sommes des écosystèmes dans lesquels des quantités de choses modifient nos comportements, nos pathologies, nos maladies. Et ça va bien sûr changer complètement notre manière de penser les choses. C'est aussi important que la découverte des atomes et des molécules.

 

 

 

Chez «Marianne» les trois parties de cet entretien "vérité" avec Didier Raoult :

Entretien avec Didier Raoult , partie I : "On a sous les yeux la fin d’un modèle scientifique"

Entretien avec Didier Raoult - partie II : "Je n'imaginais pas que notre premier article sur l'hydroxychloroquine foutrait un tel bordel"

Entretien avec Didier Raoult - partie III : "C'est très embêtant d'avoir des gens aux manettes qui sont terrifiés"

 

 

 

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Quel est le risque d'explosion d'une «bombe sale» ?

6 Décembre 2022, 03:00am

Publié par Donbass Insider

Peu de temps après le déclenchement du conflit en Ukraine, les autorités du Kremlin ont fait savoir qu’une trentaine de laboratoires de bio technologies, avaient été installés sur le sol ukrainien par les Américains. On apprit un peu plus tard que l’installation de ces entités avait été financée par le Département de la Défense des États Unis d’Amérique.

Dans le temps, entre ces deux évènements, la communauté occidentale s’accorda immédiatement aux violons de Washington pour railler les autorités russes, reléguant leurs informations au rang d’allégations dithyrambiques, les qualifiant d’infects remugles issus des vielles méthodes du KGB. Or, quand la commission sénatoriale des affaires étrangères des USA interrogea Victoria Nuland, la sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, répondant à une question du sénateur Marco Rubio, celle-ci déclara: «L’Ukraine possède des installations de recherche biologique. Nous craignons que les forces russes ne cherchent à en prendre le contrôle», et d’ajouter: «Nous travaillons avec les Ukrainiens sur la façon dont ils peuvent empêcher que ce matériel de recherche ne tombe entre les mains des forces russes si elles s’en approchent. »

Dès lors les masques tombèrent rapidement et l’on apprit – sans réagir outre mesure – que kiéviens et américains avaient effrontément menti. Pour autant, ni les USA, la France, la Grande Bretagne ou l’Allemagne ne s’obligèrent à un communiqué d’excuses en direction de Moscou. Bien au contraire, sous la férule des américains, comme de bons petits robots, nous redoublions d’aides et de financements en tous genres en faveur des forces armées ukronazis. C’est à cette période aussi que l’on entendit parler pour la première fois d’une éventuelle bombe sale que Kiev, aidé en cela par Londres, aurait été sur le point de finaliser.

Des rumeurs circulèrent faisant état d’un stock d’Uranium 235 enrichi à des fins civiles à 5% soigneusement caché quelque part dans un bâtiment de la centrale de Zaporojié. D’autres informations, impossibles à vérifier dans le contexte chaotique des combats, relataient qu’une bombe sale conçue par les anglais avait été livrée aux ukrainiens afin de la remplir de déchets hautement radioactifs prélevés à Tchernobyl et cachée sur le site cette centrale afin que la radioactivité de l’engin, se confondant à celle ambiante du lieu, ne puisse être formellement relevée. Il est vrai que les russes, qui dès les premières heures ont investi le site de Tchernobyl, n’ont pas trop cherché à découvrir cet engin parce qu’à ce moment là personne n’en parlait encore. Par ailleurs les investigations sur ce lieu encore énormément radioactif sont compliquées plus particulièrement pour des militaires qui de prime abord ne sont ni formés, ni équipés pour cela.

Depuis le 23 octobre, l’existence de cette bombe sale prend une tournure officielle avec la déclaration de Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense qui s’est entretenu avec ses homologues américains, français, britannique et turc, leur faisant part de ses préoccupations à propos d’une bombe sale que les ukrainiens pourraient faire sauter.

Autre officialisation de faits jusqu’alors supposés, lors de l’intervention du général russe Igor Kirillov, le patron au sein de l’armée russe de tout ce qui touche au NRBC (Nucléaire Radiologique Bactériologique Chimique) qui déclara le lundi matin : Les substances radioactives provenant des installations de stockage combustible nucléaire utilisée dans la centrale de Tchernobyl ont pu être utilisées pour fabriquer une bombe sale (…) Selon nos informations, deux organisations ukrainiennes ont des instructions spécifiques pour fabriquer cette bombe (…) Le but de cette provocation est d’accuser la Russie d’utiliser des armes de destruction massives en Ukraine…

Une « bombinette» sale, c’est malgré tout une arme de destruction massive

On rappellera brièvement ici qu’une bombe sale ou DDR pour « dispositif de dispersion radiologique » est un engin détonnant qui en explosant provoque par la puissance de son souffle une dissémination d’un produit NRBC (*). Un tel engin est beaucoup moins difficile à réaliser qu’une bombe atomique. Il n’est tout de même pas à la portée du premier bricoleur venu. Sa conception requiert d’excellente connaissance d’artificier et de mécanique des ondes de surpression. L’effet de souffle de la bombe sale doit pouvoir disperser suffisamment haut dans l’atmosphère les « saloperies » qu’elle contient afin que celles-ci soient disséminées dans un rayon suffisamment grand pour qu’elles puissent contaminer la plus grande zone possible et atteindre par voie de conséquence le plus grand nombre de personnes (essentiellement civiles) par ingestion ou inhalation de radio-nucléides.

De son côté Dmytro Kouleba, le ministre des Affaires Étrangères de l’Ukraine, ne voit pas les choses de la même manière. Il a prétendu pour sa part sur les réseaux sociaux (est-ce devenu un canal protocolaire?) que: Les affabulations russes à propos de l’Ukraine qui se préparerait à utiliser une bombe sale sont aussi absurdes que dangereuses (…)

Quant à Volodymyr Zelensky, il en appelle à fermeté internationale: Si la Russie appelle et dit que l’Ukraine serait en train de préparer quelque chose, cela signifie une seule chose – La Russie a déjà préparé tout cela – Je crois que désormais le monde doit réagir aussi durement que possible…

Dès que Zelensky crie au secours, la Maison Blanche réagi dans le tempo

Effectivement, dès que Zelensky crie au secours, la Maison Blanche réagi dans le tempo. C’est ainsi que Joe Biden a prévenu que : Le monde ne serait pas dupe en cas de tentative d’utiliser cette allégation comme prétexte à une escalade. Sébastien Lecornu, ministre français des armées a quant à lui rappelé que la France refusait toute forme d’escalade singulièrement nucléaire.

La question qui doit prévaloir est de savoir si oui ou non nous devons craindre la frappe d’une bombe sale expédiée par les ukronazis sur leur territoire pour faire porter le chapeau à la Russie?

Dans ce cadre prédéfini, quel serait l’intérêt des russes de faire péter une bombe sale à une encablure de la frontière Biélorusse? Alexandre Loukachenko s’entend très bien avec Vladimir Poutine, les deux pays sont frères de sang. Dans l’hypothèse d’une provocation russe pour justifier une montée en puissance contre l’Ukraine, on ne comprend pas trop pourquoi l’ami russe mettrait carrément la tête de la population biélorusse sur le billot. D’autant plus qu’après la catastrophe de Tchernobyl une grande partie de la population pacifique biélorusse a été gravement affectée par les radiations ionisantes qui s’échappaient du réacteur de la centrale de Tchernobyl.

Cette attitude complètement débile – cependant avalisée par l’Union Européenne, les pays de l’OTAN et les USA – est à rapprocher de celle qui consistait, il y a deux mois, à nous faire croire que l’armée russe en pleine crise de delirium tremens, bombardait ses positions regroupées dans l’enceinte de la centrale de Zaporojié.

Au plan tactique, si les russes voulaient perpétrer un tel crime de guerre ils utiliseraient, très certainement, un missile Iskander capable de porter une charge de 470 kg, suivant le modèle employé jusqu’à environ 900 km de distance.

Si les ukronazis voulaient en faire autant, ils utiliseraient les lance-roquettes multiples livrés par les américains du genre Himars dont la charge explosive transportée et la portée (70 km) sont bien inférieures à celle des Iskander. Ils pourraient aussi utiliser un missile, héritage de l’arsenal de l’ex-URSS, dénommé Tochka U capable de transporter une charge de 480 kg jusqu’à 170 km de son pas de tir. Dans les deux cas, les débris laissés au sol après l’impact permettraient facilement aux experts internationaux dépêchés sur place d’en identifier les expéditeurs.

Pour qu’une bombe sale soit « efficace » en aérien sa charge en équivalent TNT devrait être importante. Aucun des belligérants sur le terrain ne détient pour l’heure une telle arme. Sauf à la larguer d’un avion, mais à très haute altitude afin que celui-ci soit inatteignable par la DCA ennemie.

Les terroristes qui voudraient perpétrer un tel acte, pourraient pallier la déficience de la charge explosive du missile qui transporte la bombe sale en expédiant à son encontre un engin sol-air. Au contact les deux charges qui exploseraient conjointement disperseraient dans l’atmosphère de façon optimale les poussières radioactives.

L’hypothèse qui consisterait à camoufler au sol, dans l’enceinte de la centrale de Tchernobyl, une énorme bombe sale relève plus de l’acte de terrorisme moyen oriental aux acteurs déterminés mais sous dotés (Daesh, le Hezbollah…) L’attentat serait spectaculaire, comme l’a été celui des deux tours du World Trade Center à New York. Faire sauter du TNT à proximité de réacteurs nucléaires pourrait gravement les endommager. L’opération serait tellement risquée, que ce projet qui a très certainement traversé le cerveau dérangé de Zelensky n’aura pas été retenu.

Deux éminents spécialistes russes : Boris Marcinkiewicz, physicien, rédacteur en chef du magazine « Geoenergy info » et Konstantin Sivkov, docteur en sciences militaires, expert militaire, politologue, sans concertation préalable, relaient une information parvenue au plus haut sommet de l’État à Moscou, selon laquelle les kiéviens, insatisfait des atermoiements de leurs mentors américains peu enclin à l’escalade militaire avec la Russie, auraient sournoisement préparé un stratagème dont la finalité serait de piéger Vladimir Poutine en le contraignant à faire usage d’une frappe nucléaire sur le sol Ukrainien. Les instigateurs de ce projet démentiel imaginent que dans la foulée, Washington répliquera et que l’embrasement du conflit Russo-Ukrainien par contagion se reportera au monde entier.

Des informations recueillies par ces deux spécialistes, il apparaît que des ingénieurs de l’usine « Ioujmach » de Dniepr ont dès lors fabriqué un faux missile Iskander nom de code OTAN : SS- 26 Stone, à partir de la base d’un missile OTR 21 Tochka, nom de code OTAN : SS-21 Scarab. Le corps et l’ogive de cet engin seraient la fidèle réplique, réalisée par moulage, du missile Iskander russe.

Cet engin d’une portée de 170 km peut transporter une charge NRBC de 480 Kg. En l’occurrence il devrait être chargé au 2/3 de déchets radioactifs fortement ionisants. Une fois lancé en direction de la centrale de Tchernobyl, alors que celui-ci se trouvera à l’aplomb du point zéro de la cible, la défense anti aérienne des ukronazis, qui l’aura suivi aux radars depuis son lancement, l’abattra en altitude avant qu’il amorce sa descente. Elle signalera haut et fort à son état-major qu’elle a ouvert le feu sur un 9K720 Iskander ennemi. Au premier impact l’ogive, programmée pour cela, explosera automatiquement, dispersant dans l’atmosphère 320 kg de particules hautement radioactives. La défense antiaérienne UK signalera l’avoir abattu – afin que par la suite, les enregistrements l’attestent formellement – mais pas seulement, car aujourd’hui la guerre électronique permet aux belligérants d’écouter et de suivre dans l’instantanéité tous les mouvements de l’ennemi. Et lorsque l’instant d’après la même défense anti aérienne signalera sur les ondes la fulgurance d’une nuée radioactive, ces terroristes-là imaginent que les russes ne pourront pas faire autrement que de répliquer dans la minute qui suivra par une la frappe d’un missile balistique nucléaire à courte portée sur une cible ukrainienne aléatoire.

Stratagème pour contraindre Poutine à la faute démasqué

Voici en quelques mots le piège machiavélique mis en place par les stratèges kiéviens pour faire tomber Poutine dans le panneau de la provocation nucléaire afin de légitimer une réplique nucléaire de l’OTAN voire des USA.

Le président Vladimir Poutine s’en est plaint auprès de la communauté internationale par la voix de son ministre Sergueï Choïgou.

Après l’escalade verbale qui bien souvent, dans les conflits militaires équivaut à une sorte de propagande aux allures de parades animales, viennent les coups d’esbroufe plus ou moins ostentatoires histoire de tester ou d’horripiler l’adversaire. Les Ukronazis sont passés maîtres dans l’art de manier la propagande afin d’exacerber l’adversaire et de le contraire à commettre la faute irréversible. L’attentat au camion piégé sur le pont de Crimée, suivi le 29 octobre au petit matin d’une attaque surprise à l’aide de 9 drones aériens et 7 marins perpétrée contre des unités de la marine russes dans le port de Sébastopol en font partie. Dans la foulée, la Russie a répliqué à cette attaque en suspendant sa participation à la mise en œuvre de l’accord sur les exportations des produits agricoles des ports ukrainiens. De son côté la diplomatie russe contre-attaquait en saisissant le Conseil de sécurité des Nations unies, à propos d’une série d’attaques terroristes perpétrées contre la Russie avec la complicité de la Grande-Bretagne. Nous l’avons tous compris, ces piqûres de harcèlement sont particulièrement dirigées contre le président russe dans le seul but de parvenir à le faire sortir de ses gongs.

Dommage que nos médias soient majoritairement à sens unique, pro ukrainiens. Dimanche matin 30 octobre sur France Infos un général retraité de l’Armée française expliquait que pour masquer sa déroute et la chute prochaine de la ville de Kherson, qui selon lui tombera bientôt aux mains des kiéviens, l’état-major russe avait organisé une mascarade d’agression de sa flotte dans le port de Sébastopol, comme elle instrumentalisait à outrance cette histoire de bombe sale.

Plutôt que de blâmer et vilipender le président Vladimir Poutine, il faudrait bien au contraire lui reconnaître l’immense qualité de maîtrise de soi qu’il détient sans doute des arts martiaux qu’il pratique. Combien de chefs d’États à sa place, confrontés par tant de provocations, d’insultes et d’attaques de leurs adversaires, subissant de leurs parts un flot perpétuelle d’iniquités, de scélératesses et de déloyautés, auraient carrément disjoncté. Dans ces circonstances extrêmes, au fil du rasoir, qui pourraient à tout moment, en une seconde, déraper en une troisième guerre mondiale et à l’anéantissement de la moitié de l’humanité, Vladimir Poutine garde son calme. En fait, à lui seul cet homme-là incarne la puissance tranquille de l’Armée Russe.

Quant à ce miteux général De Guerlasse qui vient à la gamelle et au cacheton, sur les ondes de la radio d’État française pour raconter n’importe quoi, il n’est qu’un piètre imbécile. Je suggère qu’en cette période automnale il retourne faire ses deux mois de classes dans une caserne dans l’Est de la France où après avoir récuré les latrines on l’enverra ramasser et compter les feuilles des arbres qui jonchent le sol de la cour d’honneur.

Plus sérieusement, nombreux pensent qu’à force de monter en gamme, les répliques réalisées à partir d’un armement conventionnel ne suffiront plus. Laissons faire la nature, toutes ces provocations bientôt se calmeront ! Les ukronazis se dépêchent, car la saison s’enfonce inexorablement dans les frimas hivernaux, et ils constatent désolés, que toutes les sanctions prises à l’encontre de la Russie, loin de l’affaiblir, n’ont fait qu’engluer un peu plus l’Union Européenne, dont certains pays membres donnent à présent des signes d’asphyxie. Ils voudraient bien continuer, mais les morsures du froid hivernal qui s’annonce commencent à leur être très désagréable d’autant que l’armée Russe s’est employée à démolir une grande partie des installations électriques du pays. Dans les grandes villes d’Ukraine la grogne est visible. Partout les denrées alimentaires se font de plus en plus rares et les secours des occidentaux n’y suffisent plus. Partout le mécontentement gronde d’autant que la flambée des prix comme la rareté des produits de première nécessité ne facilitent pas le quotidien accaparé par la guerre qui fait rage de tous côtés. À un moment toute résilience a ses limites et dans une telle situation certains ukrainiens qui aujourd’hui ont tout perdu appellent de leurs vœux à la reddition avant qu’un conflit nucléaire mondialisé fasse disparaître la moitié de l’humanité.

Pour en revenir à cette bombe sale, la cible de la centrale de Tchernobyl n’est pas anodine. Elle se trouve au carrefour de la Biélorussie, de l’Ukraine, de la Pologne, de la Hongrie, de l’Allemagne et des régions occidentales de la Russie. On rappellera que suite à la catastrophe de Tchernobyl le 26 avril 1986 tous ces pays-là se sont retrouvés meurtris par les radiations ionisantes, l’inhalation et l’ingestion de radio nucléides hautement radioactifs qui s’échappaient du réacteur de la centrale. Pour mémoire, l’énergie libérée par l’explosion du réacteur a entraîné l’émission brutale dans l’atmosphère des produits contenus dans le cœur du réacteur jusqu’à 1200 m d’altitude. Au total en dix jours du 26 avril 1986 jusqu’au 6 mai 1986 ce sont 12 milliards de milliards (12×1018) de Becquerels qui sont partis dans l’environnement.

Comment les ukronazis aveuglés par la haine ne peuvent-ils pas comprendre que dans ces contrées où les populations ont déjà souffert des conséquences de cette catastrophe nucléaire civil, elles pourraient pâtir à présent du nucléaire militaire ?

J2L - Donbass Insider - 31/10/2022

Les opinions des auteurs peuvent ne pas coïncider avec le point de vue de «Poèmes De La Ligne Rouge»; ce blog luttant résolument contre les ravages des «Fake News».

 

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(*) Le risque NRBC, est la présence indésirable à un niveau significatif de substances chimiques, radioactives contaminantes. La dissémination de liquides ou de solides dans l'environnement. Fortement concentrées, ces substances portent atteinte à l’intégrité du support ou de l’organisme contaminé. Ces armes font partie des armes dites armes de destruction massive, dans le sens où leurs effets sont difficiles à contrôler et à confiner en vertu de leur puissance ou de leur pouvoir de dissémination dans l'environnement. Elles sont aussi appelées armes non conventionnelles.

Le risque NRBC, est la présence indésirable à un niveau significatif de substances chimiques, radioactives contaminantes. La dissémination de liquides ou de solides dans l'environnement. Fortement concentrées, ces substances portent atteinte à l’intégrité du support ou de l’organisme contaminé.

Le risque NRBC, est la présence indésirable à un niveau significatif de substances chimiques, radioactives contaminantes. La dissémination de liquides ou de solides dans l'environnement. Fortement concentrées, ces substances portent atteinte à l’intégrité du support ou de l’organisme contaminé.

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Interview de Marianna Vychemirskaya: «Il n'y a pas eu de frappes aériennes à la maternité No 3 de Marioupol

5 Décembre 2022, 16:05pm

Publié par Christelle Néant

Interview de Marianna Vychemirskaya: «Il n'y a pas eu de frappes aériennes à la maternité No 3 de Marioupol

Marianna Vychemirskaya, la fameuse jeune femme dont la photographie a été utilisée pour illustrer une prétendue frappe aérienne russe sur la maternité n°3 de Marioupol a donné une longue interview au journaliste Johnny Miller de Press TV. Avec son autorisation j’ai traduit en français cette interview, où Marianna explique ce qui s’est réellement passé le 9 mars 2022.

Fin novembre 2022, Johnny Miller de Press TV a pu interviewer longuement Marianna Vychemirskaya, la fameuse jeune femme dont la photographie, prise par un journaliste d’Associated Press, a été utilisée pour illustrer une prétendue frappe aérienne russe sur la maternité n°3 de Marioupol le 9 mars 2022.

Johnny Miller ayant mis à disposition les fichiers vidéos originaux de l’interview, et avec son aimable autorisation, j’ai traduit en français une portion plus importante de son entrevue avec Marianna, que celle qui a été publiée par Press TV:

Visionner la vidéo sous ce lien

Cette interview est intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord, Marianna confirme dans cette entrevue ce qu’elle a dit lors de la première interview qu’elle a accordée une fois arrivée à Donetsk, fin mars 2022, à savoir qu’il n’y a pas eu de frappe aérienne russe sur la maternité N°3 de Marioupol où elle se trouvait. Il y a eu une explosion à l’extérieur du bâtiment, qui a soufflé les vitres et les murs en placoplatre, mais aucun bruit d’avion ni avant, ni après.

Elle confirme aussi que les soldats ukrainiens s’était installés dans l’hôpital où se trouvait la maternité, transformant de fait le bâtiment en cible militaire. Son témoignage est confirmé par deux autres témoignages, celui de Nikolaï, filmé après son évacuation de la ville, et une autre jeune femme, Viktoria, interviewée à Marioupol même. (voir vidéo par le lien ci-dessous):

Visionner la vidéo sous ce lien

Viktoria confirme que les soldats ukrainiens étaient dans la maternité, et que quelque chose (un obus) est tombé sur des bonbonnes qui ont explosé, ce qui expliquerait la taille du cratère. Ces trois témoignages invalident celui d’une femme interrogée par France Info, qui prétendait qu’il n’y avait pas de soldats ukrainiens dans l’hôpital et qu’il y avait bien eu une frappe aérienne.

Or, au vu des méthodes utilisées par les journalistes occidentaux dans cette affaire, et qui sont décrites par Marianna dans son interview, on peut légitimement se poser des questions sur la véracité du témoignage de cette femme interrogée par France Info.

Pour commencer, le journaliste d’Associated Press, Mstislav Tchernov, qui l’a photographiée le 9 mars 2022, alors qu’elle venait de sortir de la maternité après l’explosion, l’a fait sans son consentement ! Marianna a ouvertement dit qu’elle ne voulait pas être photographiée, souhait qui aurait dû être respecté ! Or le journaliste a fait croire qu’il ne la filmait plus tout en continuant. Rien que cela amène à se poser des questions sur la déontologie de ce journaliste. Et quand on voit qu’un autre journaliste de cette même agence a été carrément licencié récemment (Lire ici l'article du Washington Post) pour avoir écrit un article accusant faussement la Russie d’avoir bombardé la Pologne, et ce qu’un troisième a fait de la première interview que Marianna a accordée le 10 mars 2022, on se dit que le problème ne se limite pas à un seul journaliste chez Associated Press.

En effet, le lendemain de la fameuse explosion, Marianna a été interviewée à la sortie de son accouchement par césarienne, par un autre journaliste d’Associated Press accompagné d’Evgueny Maloletka, un photographe de l’agence. Elle y dit clairement qu’il n’y a pas eu de frappe aérienne, juste une explosion qui a fait sauter les fenêtres et les murs en placo-plâtre.

Sauf qu’une fois publiée, l’interview ne contient pas la mention de l’absence de frappe aérienne. Marianna demandera plus tard des explications au journaliste, qui invente comme excuse que ce qu’elle disait n’était pas compréhensible, et qu’il l’a donc coupé. Marianna demande alors qu’il publie l’intégralité de l’interview, histoire de vérifier ce qu’il dit. Sans surprise, le journaliste d’Associated Press fera alors comme s’il n’avait pas vu sa demande.

D’autres journalistes comme ceux du New York Times ont coupé tout contact après que Marianna ai répondu à plusieurs de leurs questions. Il semble que la jeune femme ne racontait pas ce que ces journalistes voulaient entendre…

Le dernier point intéressant est le fait qu’elle a réussi à être contactée par de nombreux journalistes occidentaux auxquels elle a volontiers accordé une interview (y compris la BBC), mais que ceux de France Info prétendent ne pas avoir réussi à la joindre.

Ce qui laissent deux hypothèses: soit ces journalistes sont nuls en matière de prise de contact au point d’être incapables de trouver un moyen de contacter une blogueuse qui a non seulement un compte Instagram, mais aussi une chaîne Telegram ouverte aux commentaires (!!!), et dans ce cas il faudrait qu’ils changent de métier, soit ce que disait Marianna ne leur convenait pas (comme aux journalistes du New York Times) et ils ont préféré faire croire qu’ils n’avaient pas pu la joindre, plutôt que de se déplacer pour filmer une interview qui ne collerait pas à leur narratif.

Christelle Néant (*) - 3 décembre 2022

Source: Donbass-insider

 

La mise en forme, les titres, surtitres et intertitres, ainsi que le sur-lignage de § en rouge, sont de la rédaction.

Les opinions des auteurs peuvent ne pas coïncider avec le point de vue de «Poèmes De La Ligne Rouge», blog luttant résolument contre les ravages de «Fake News».

 

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(*) Le profil de Christelle Néant est présenté ici sous le prisme d’«Arrêt sur Images» vs/ le journaliste polémiste Daniel Schneidermann. il n’engage pas la rédaction de ce blog.

«Depuis plusieurs années, Christelle Néant promeut la vision pro-russe du conflit qui oppose l'Ukraine à deux régions séparatistes dans la région du Donbass. "Arrêt sur images" l'a appelée : en pleine invasion russe, elle continue de défendre le point de vue de Moscou et dénonce les "mensonges" des Occidentaux. Casquette militaire sur la tête, treillis de rigueur, lunettes sur le nez : Christelle Néant est comme à la maison au micro de Russia Today, chaîne pro-russe financée par Moscou que les autorités européennes entendent bannir. Interrogée le 26 février, deux jours après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Christelle Néant est présentée par le correspondant de RT à Donetsk (ville séparatiste pro-russe) comme une "journaliste, fondatrice de Donbass Insider, un site d'information sur ce qui se passe réellement dans le Donbass". Le ton est donné, mais pas le CV complet de Christelle Néant, dont le nom est déjà apparu dans plusieurs enquêtes de presse en France, à chaque fois pour relater ses liens étroits avec le gouvernement séparatiste...

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Oskar lafontaine: «L’explosion des deux oléoducs est une déclaration de guerre à l’Allemagne »

5 Décembre 2022, 14:15pm

Publié par Deutsche-wirtschafts-nachrichten

Oskar lafontaine: «L’explosion des deux oléoducs est une déclaration de guerre à l’Allemagne »

«L’explosion des deux oléoducs est une déclaration de guerre à l’Allemagne et il est pathétique et lâche que le gouvernement allemand veuille balayer l’incident sous le tapis. Il dit qu’il sait quelque chose, mais qu’il ne peut pas le dire pour des raisons de sécurité nationale.»

 

Ce sont les mots d’Oskar Lafontaine(*), un politicien allemand de longue date que n’a pas pu arrêter l’attentat du 25 avril 1990. En 1995, il a été élu président du SPD, ce qui a mené les sociaux-démocrates à la victoire aux élections de 1998. Dans le nouveau gouvernement social-démocrate, Lafontaine a occupé le poste de ministre des Finances et ce n’est qu’en 2010 qu’il a annoncé sa retraite de la politique.

 

«Cela fait longtemps que les moineaux le sifflent aux quatre vents : les États-Unis», dit Lafontaine  «ils ont mené l’attaque directement ou du moins ont donné le feu vert. Sans la connaissance et l’approbation de Washington, il n’aurait pas été possible de détruire les pipelines, qui constituent une attaque contre notre pays, affectent profondément notre économie et vont à l’encontre de nos intérêts géostratégiques. C’était un acte d’hostilité contre la République Fédérale, et pas seulement contre elle, ce qui montre une fois de plus que nous devons nous affranchir de la tutelle des Américains».

 

Dans votre nouveau livre « Love, It’s Time to Go! » vous appelez au retrait des troupes américaines d’Allemagne. N’est-ce pas irréaliste?

 

Bien sûr, cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais l’objectif doit être clair : le retrait de toutes les installations militaires et armes nucléaires américaines d’Allemagne et la fermeture de la base aérienne de Rammstein. Nous devons constamment œuvrer dans ce sens et construire en même temps une architecture de sécurité européenne, car l’OTAN, dirigée par les États-Unis, est obsolète, comme l’a également reconnu le président français Emmanuel Macron. En effet, l’OTAN a depuis longtemps cessé d’être une alliance défensive et est devenue un outil pour renforcer la prétention des États-Unis à rester la seule puissance mondiale. Dans tous les cas, nous devons formuler nos propres intérêts, qui ne sont en rien compatibles avec ceux des États-Unis.

 

Vous dites que les Américains sont responsables de l’explosion du pipeline. Pensez-vous vraiment qu’ils quitteraient l’Allemagne sans combat?

 

Non, ce sera un peu compliqué, mais je ne vois pas d’alternative. Si nous et d’autres pays européens restons sous la tutelle des États-Unis, ils nous pousseront à bout pour protéger leurs intérêts. Par conséquent, nous devons progressivement étendre notre portée, de préférence avec la France. Comme Peter Scholl-Latour, j’ai appelé il y a de nombreuses années à une alliance franco-allemande. À ce stade, la défense des deux États pourrait également être intégrée, en tant que noyau d’une Europe indépendante. Pour utiliser une expression désormais éculée : nous vivons les douleurs de la phase de transition d’un ordre mondial unipolaire à un ordre mondial multipolaire. Et ici se pose la question de savoir si nous prendrons une place indépendante dans ce nouvel ordre mondial ou si nous nous laisserons entraîner dans les conflits de Washington avec Moscou et Pékin, en tant que vassaux des États-Unis.

 

Dans son livre, il cite Machiavel : « Ce n’est pas celui qui prend les armes le premier qui provoque le désastre, mais celui qui le force ». Faites-vous référence au conflit en Ukraine?

 

Bien sûr, je fais également référence au conflit ukrainien, qui a commencé avec le coup d’État de Kyiv Maidan en 2014. Depuis lors, les États-Unis et leurs vassaux occidentaux arment l’Ukraine et la préparent systématiquement à la guerre contre la Russie. De cette façon, l’Ukraine est devenue un membre de facto de l’OTAN, même si ce n’est pas un membre de jure. Cette histoire a été délibérément ignorée par les politiciens occidentaux et les médias grand public.

 

Cependant, l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe est une violation impardonnable du droit international. Des gens meurent chaque jour et tout le monde, Moscou, Kyiv ou Washington, est largement responsable du fait qu’il n’y a toujours pas de cessez-le-feu. Depuis plus de 100 ans, l’objectif déclaré de la politique américaine est d’empêcher à tout prix l’industrie et la technologie allemandes de fusionner avec les matières premières russes. Il est absolument clair que nous avons affaire à une guerre par procuration des États-Unis contre la Russie, préparée de longue date. Il est inexcusable que le SPD en particulier trahisse ainsi l’héritage de Willy Brandt et sa politique de détente et n’insiste même pas sérieusement sur le respect de l’accord de Minsk.

 

Alors, les États-Unis ont-ils atteint leurs objectifs de guerre?

 

Oui et non. Quant à l’endiguement des relations entre la Fédération de Russie et l’UE, ils ont réussi. Ils ont également réussi à écarter, pour le moment, l’UE et l’Allemagne comme rivaux géostratégiques et économiques potentiels. Plus encore qu’avant le conflit ukrainien, ils déterminent désormais les politiques des États de l’UE, notamment grâce aux politiciens complaisants de Berlin et de Bruxelles. Ils peuvent vendre leur gaz de fracturation sale et l’industrie américaine de l’armement fait du commerce avec des bombes.

 

En revanche, ils n’ont pas réussi à « ruiner la Russie », comme l’a dit Mme Baerbock, l’une de leurs porte-parole, en renversant Poutine et en installant un gouvernement fantoche à Moscou pour avoir un meilleur accès aux matières premières russes comme à l’époque d’Eltsine. Et j’ai l’impression que les États-Unis se rendent compte qu’ils mordent la poussière ( ?). Malgré des livraisons massives d’armes à l’Ukraine et l’envoi de nombreux « conseillers militaires », la Russie, puissance nucléaire, ne peut être vaincue militairement. De plus, les sanctions occidentales se révèlent être un boomerang : elles nuisent davantage aux États occidentaux qu’à la Russie et conduiront à la désindustrialisation, au chômage et à la pauvreté.

 

Donc tout va mal à partir de maintenant?

Nous devons de toute urgence mettre fin au conflit en Ukraine. Et cela ne sera possible que si les États-Unis abandonnent leur plan visant à mettre la Russie à genoux avant d’affronter la Chine. Cela nécessite une initiative européenne, qui doit venir de la France et de l’Allemagne.

Si nous ne le faisons pas, et si nous ne parvenons pas rapidement à un accord avec la Russie sur les importations de matières premières et d’énergie, l’économie de l’Allemagne et de l’Europe s’effondrera et les partis de droite deviendront de plus en plus puissants en Europe.

 

Propos recueillis par Deutsche Wirtschaftsnachrichten - 1er décembre 2022

Source: www.elespiadigital.com 

 

La traduction, la mise forme et la mise en évidence de § de textes en rouge, sont de la rédaction «Poèmes De La Ligne Rouge»

 

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(*) Oskar Lafontaine, né à Sarrelouis en 1943, a été dans sa vie politique maire de Sarrebruck, Premier ministre de la Sarre, président du SPD, candidat à la chancellerie et ministre fédéral des Finances. En mars 1999, il a démissionné de tous ses postes politiques antérieurs au sein du SPD en raison de critiques à l’encontre de la ligne de gouvernement de Gerhard Schröder. Il a été président fondateur du parti DIE LINKE, né de sa propre initiative du PDS et Wahlalternative Arbeit & soziale Gerechtigkeit (WASG), président du groupe parlementaire de gauche au Bundestag allemand et tête de liste des campagnes électorales pour la Sarre parlement en 2009, 2012 et 2017. Jusqu’à sa démission du parti en mars 2022.

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Poutine face aux valeurs de l'Occident

5 Décembre 2022, 06:20am

André Bercoff, Greg Tabibian (j'suis pas content), Remy Watremez (Juste Milieu), Didier Maïsto et Alexis Poulin : les grandes stars du stream sont sur le plateau de "Bistro Libertés". Eric Morillot a retenu deux sujets brûlants et sulfureux. 1) L'Union européenne au bord de l'implosion ? Auto-sanctions, divergences politiques, crise énergétique : la guerre en Ukraine, crise terminale de l'Union et de l'idée européenne ou nouvelle étape d'une Europe n'avançant qu'en surmontant les crises ? 2) Vladimir Poutine face aux valeurs de l'Occident ? Un renversement total de perspective entre un Occident perçu comme décadent et qualifié d'Empire du mensonge et une Russie accusée d'être anti-libérale, conservatrice, voire réactionnaire.

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« Plus il y aura de destructions, plus la haine sera grande »

5 Décembre 2022, 04:32am

Publié par Francisco Claramunt (*)

Au début du conflit, alors que les États-Unis et leurs alliés intensifiaient les sanctions punitives contre la Russie et le soutien militaire à l'Ukraine, ces mesures devaient être combinées à des pourparlers de paix actifs, avait déclaré le sociologue ukrainien Volodymyr Ishchenko.

Au début du conflit, alors que les États-Unis et leurs alliés intensifiaient les sanctions punitives contre la Russie et le soutien militaire à l'Ukraine, ces mesures devaient être combinées à des pourparlers de paix actifs, avait déclaré le sociologue ukrainien Volodymyr Ishchenko.

L'entretien accordé à L’hebdomadaire uruguayen Brecha(*), du sociologue ukrainien Volodymyr Ishchenko - 24 mars 2022

 

 

Le sociologue Volodymyr Ishchenko, actif dans la recherche sur les mouvements de protestation de son pays, s’est entretenu avec le correspondant de l’hebdomadaire uruguayen Brecha(*), sur divers aspects du conflit russo-ukrainien: les inquétudes que cela a engendré au sein de la gauche mondialisée, la réalité sur la montée de l’extrémisme et l’avenir de l’identité ukrainienne.

Volodymyr Ishchenko est titulaire d'un doctorat en sociologie de l'Université Taras Shevchenko de Kyiv; il est chercheur associé à l'Institut d'études sur l'Europe de l'Est, de l'Université libre de Berlin. Son travail s'est concentré sur l'étude de la société civile, les contestations et les mouvements sociaux en Ukraine et dans la région. Il est l'auteur de plusieurs articles sur la politique ukrainienne contemporaine, le soulèvement d'Euromaïdan et la guerre dans le Donbass. Il a publié dans  Post-Soviet Affairs, New Left Review, entre autres magazines spécialisés, et a contribué à The Guardian, à Al Jazeera, entre autres médias internationaux.

 

« En dehors de l'Ukraine et de la Russie, il y a un débat au sein de la gauche et de ses intellectuels sur ce que devrait être la position avant cette guerre. Certaines voix, comme celle de Noam Chomsky (voir ici: « Ouvrir la porte de sortie »), sont favorables à une sortie négociée de l'invasion et défendent cette recherche de compromis diplomatique comme la seule approche sensée d'un point de vue progressiste. D'autres, comme Étienne Balibar (voir ici: « Sur la guerre européenne »), exigent que la gauche internationale apporte son plein soutien à la résistance ukrainienne et, au moins pour le moment, laisse d'autres considérations de côté ou au second plan. Comment voyez-vous ce débat ?

 

« Mon opinion est que la priorité par-dessus tout devrait être de sauver des vies ukrainiennes, des villes ukrainiennes, l'économie ukrainienne. Plus tôt vous parviendrez à un accord de paix, plus vous sauverez de vies, moins de villes seront détruites et moins l'économie sera endommagée. Si la guerre a tendance à s'éterniser, s'il ne s'agit plus d'arrêter l'invasion russe, mais par exemple de faire tomber Poutine à tout prix – ce qui n'est peut-être pas un objectif accessible –, il s'agira de transformer l'Ukraine en Afghanistan. Un endroit où une guerre éternelle continue pendant des années sans pause, avec un État défaillant, avec l'économie revenant à un état pré-moderne, avec l'industrie complètement détruite et des millions de réfugiés incapables de rentrer chez eux pendant des années [voir « Nouvelles de Moscou»]. Et ce scénario, honnêtement, ne serait que le deuxième pire pour l'Ukraine si cette guerre devait dégénérer en conflit nucléaire. Clairement, je ne veux pas cela pour mon pays.

 

Aller en Ukraine, et mis à part la propagande russe sur une «Ukraine nazie» hypothétique, il y a certainement des éléments d'extrême droite en Ukraine. Mais des groupes aujourd'hui insignifiants d'un point de vue électoral, mais qui, pendant la guerre du Donbass, ont renforcé leur pénétration dans les forces armées. Pensez-vous qu'il est inévitable qu'une situation de guerre prolongée dans tout le pays conduise à une augmentation et à une autonomisation de ces forces ultra-nationalistes qui se sont développées pendant la révolution de Maïdan et ont ensuite accédé à des positions de pouvoir dans l'appareil de défense et de sécurité ?

 

« Oui, sans aucun doute. En cas de guerre prolongée, il y aurait une destruction progressive de l'État ukrainien et des institutions militaires, donnant plus d'opportunités aux groupes radicaux de prendre les rênes. Plus il y aura de morts et de blessés parmi la population à cause de l'invasion russe, plus il y aura de destructions, plus la haine sera également grande. Et les mouvements qui concentrent leur rhétorique sur la haine et capitalisent plus facilement sur la haine se développeront bien sûr dans ce scénario. Ceux qui parlent de faire de l'Ukraine un nouvel Afghanistan pour les troupes russes [faisant référence à la défaite soviétique en 1989 et à la défaite américaine en 2021], ceux qui disent qu'il faut se préparer à résister dans une guerre de longue durée ouvrent la fenêtre pour laquelle les forces d'extrême droite entreront pour prendre le contrôle.

 

Cela se passera exactement comme cela s'est passé au Moyen-Orient : c'est l'effondrement des institutions de l'État causé par l'invasion étrangère en Irak, l'effondrement institutionnel en Libye, en Syrie, qui a créé l'espace permettant aux groupes extrémistes de prendre le pouvoir dans de vastes zones de ces pays, avec des conséquences désastreuses. Je ne comprends pas qu'il y ait des gens qui puissent s'attendre à un scénario différent en cas de guerre prolongée en Ukraine.

Dans un récent article d' Al Jazeera, vous déplorez la fin de l'Ukraine multiculturelle dans laquelle vous avez grandi. Est-ce dû à la croissance attendue de ces groupes d'extrême droite, de cette idéologie ultra-nationaliste? Voyez-vous la fin de cette idée d'une Ukraine multiculturelle et multiethnique comme inéluctable?

Avant la guerre, ce qu'on a appelé  les identités ambiguës étaient possibles en Ukraine. Certains Ukrainiens comprennent leur identité nationale comme une opposition à la Russie, mais beaucoup d'autres ne comprennent pas leur Ukrainité de cette façon. Beaucoup de gens se sentent ukrainiens et russes en même temps. Par exemple, dans de nombreuses familles, le père est russe et la mère ukrainienne. Ou au contraire. Tout cela sera très difficile après cette guerre. Le Russe est maintenant l'ennemi. Des milliers de personnes souffrent à cause de cette invasion. La position dont jouit aujourd'hui la langue russe au sein de l'Ukraine sera probablement perdue. Cette guerre sera – est en train d'être – une grande transformation dans la façon dont les Ukrainiens pensent d'eux-mêmes, de leur identité et de ce qu'est la Russie et les Russes. La réconciliation est possible, bien sûr. C'était possible même après la Seconde Guerre mondiale. Même après l'Holocauste. Mais cela prendra de nombreuses années et nécessitera de très sérieux changements politiques.

 

Dans cette chronique pour  Al Jazeera , vous critiquez la récente décision du gouvernement ukrainien de suspendre 11 partis d'opposition pour leurs opinions « pro-russes » avant l'invasion. Parmi eux, le deuxième parti le plus voté du pays. Dans cet article, il rappelle également au lecteur que la gauche était déjà très affaiblie dans le paysage politique ukrainien, et des décisions comme celle-ci, qui réduisent les voix dissidentes, ne font que l'affaiblir davantage. Dans ce scénario, quelles sont les perspectives des mouvements sociaux ukrainiens et des forces progressistes au milieu de l'invasion russe? Y a-t-il une place pour eux dans la résistance contre l'attaque et l'occupation russes?

 

Quelles sont les opportunités pour les syndicats et les mouvements sociaux aujourd'hui en Syrie ou en Libye, par exemple? L'une des horreurs de la guerre est qu'elle ferme tout espace à tout mouvement social progressiste tel que nous le connaissons. La guerre nécessite des mouvements complètement différents, comme une guérilla, des mouvements militarisés, paramilitaires. Et il n'y a absolument aucune possibilité de lancer un tel mouvement de gauche dans l'Ukraine d'aujourd'hui. Certains membres des mouvements sociaux et de gauche en Ukraine s'enrôlent dans les Forces de défense, mais leur impact politique, dans ces circonstances, sera négligeable. A l'heure actuelle, il n'y a aucune chance de changer quoi que ce soit à l'idéologie dominante ou à l'orientation de la guerre.

 

Le débat en dehors de l'Ukraine sur la question de savoir où concentrer l'analyse pour comprendre ce qui se passe est encore compliqué par le fait qu'il y a une pression constante de la part du courant politique dominant, qui accuse la gauche d'être soupçonnée de parti pris pro-russe et, par conséquent, complice de l'invasion. Voyez-vous une scission au sein de la gauche d'Europe centrale et orientale entre un camp plus anti-OTAN et un camp plus anti-russe? Pensez-vous que c'est un bon cadre pour un débat au sein du camp progressiste?

 

« Cette guerre a un impact global et pas seulement régional dans la mesure où elle provoque une réaction maccarthyste de la droite contre la gauche. Comme vous l'avez bien souligné, toute la gauche va être attaquée et il sera plus difficile maintenant de dire même des choses basiques de gauche sans être accusé d'être "pro-russe". Nombreux sont ceux qui évoquent maintenant les années et les mois passés pour dire que l'invasion russe était inévitable, qu'il était clair dès le début que cela arriverait et que la gauche ne l'avait pas prévu en raison d'une sorte de complicité ou d'aveuglement envers la Russie. Dans le contexte ukrainien, par exemple, on a même dit qu'il était temps de reconsidérer le rôle des groupes d'extrême droite qui se préparent à la guerre contre la Russie depuis des années, depuis les années 1990 pour être exact, depuis le moment même de Indépendance ukrainienne.

 

Mais est-ce vraiment le cas ? Cette invasion rend-elle l'extrême droite moins extrême ? En fait-il une sorte d'organisation patriotique anticoloniale visionnaire? Bien sûr que non. Et la guerre n'était pas inévitable. On sait que ce n'est qu'en février que la CIA a commencé à voir les signes d'une décision finale de la Russie encline à la guerre , alors que cette concentration de troupes se poursuivait déjà depuis octobre. Pendant tous ces mois, il y avait des opportunités pour une solution diplomatique à ce conflit et beaucoup aurait pu être fait différemment.

 

La gauche doit avoir des positions offensives et pas seulement s'excuser tout le temps, « oh, on parlait trop de l'OTAN et pas assez de la Russie, etc. Nous devons tenir bon, souligner la complexité du problème, défendre la vérité. Ne pas embrasser l'opportunisme de sauter d'un extrême - ne parler que de l'expansion de l'OTAN comme si la Russie n'était pas responsable de la guerre - à l'autre - une vision complètement centrée sur la Russie, dans laquelle la discussion sur l'OTAN et le nationalisme ukrainien est marginalisée voire taboue . Discuter de l'OTAN et du nationalisme ukrainien ne justifie pas l'invasion russe. Il est nécessaire de considérer ces facteurs comme faisant partie de la situation dans son ensemble et comme faisant partie du problème qui nous a conduits à cette guerre. Sinon, ils chercheront à se présenter comme faisant partie de la solution.

 

Nous savons que de nombreux facteurs ont conduit à cette guerre. Poutine porte la première et principale responsabilité, sans aucun doute. C'est lui qui a appuyé sur le bouton, même s'il avait d'autres options. La guerre était son choix, et il en est et en sera coupable. Mais, en même temps, nous ne pouvons pas oublier que d'autres forces ont contribué à notre arrivée ici. Il ne suffit pas de simplement donner à votre récit de guerre de la classe dirigeante un ton « gauchiste » et de répéter des platitudes sur « l'impérialisme russe ». Il y a beaucoup à étudier et à comprendre sur l'impérialisme russe en tant que phénomène réel, et la simple répétition de clichés superficiels n'améliorera pas notre analyse ni notre capacité à proposer des solutions pour sortir de cette guerre.

 

Propos recueillis par Francisco Claramunt (*) - 26 mars 2022

 

La traduction, la mise forme et la mise en évidence de § de textes en rouge, sont de la rédaction «Poèmes De La Ligne Rouge»

 

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(*) Brecha est un hebdomadaire politique uruguayen de gauche fondé en 1985. En juillet 2020, Brecha fait face à une restructuration générale de sa conception pour s'adapter à la nouvelle réalité numérique. - Francisco Claramunt est responsable de la rubrique Monde, il est membre du comité de rédaction de l’hebdomadaire.

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«Cette guerre aurait pu être évitée»

5 Décembre 2022, 02:13am

Publié par Rafael Poch de Feliu(**)

«Cette guerre aurait pu être évitée»

Interview d'Anna Balcells(*) journaliste à l'hebdomadaire Avui-Punt Diari (Barcelone)

 

 

L'invasion de l'Ukraine est le dernier chapitre de la lutte entre la Russie post-soviétique et l'Occident. Quelle est l'origine de cette guerre ? Jusqu'où faut-il remonter pour comprendre comment on en est arrivé là ?

– Nous sommes arrivés pour trois raisons. L'un est la fausse fermeture de la guerre froide. Le non-respect des accords, verbaux et écrits, qui l'ont conclu a donné lieu à une sécurité européenne, d'abord sans la Russie, puis contre la Russie. Empêcher une puissance européenne autonome dans le monde était et reste une priorité fondamentale pour Washington. La tension avec la Russie est la solution.

Deuxièmement, les échecs mêmes de la démocratisation soviétique frustrée. Les spectacles de l'élite russe pour posséder ce qu'elle n'administrait qu'auparavant, ses trois coups d'État et son vaste détournement du patrimoine national ont contribué à accroître le désir des anciens sujets de Moscou de devenir des vassaux des États-Unis via l'expansion de l'OTAN. La promesse de Gorbatchev de la « démocratisation du socialisme » a été suivie par la réalité d'une restauration autocratique d'Eltsine et de Poutine. De ce point de vue, l'intégration subordonnée des anciennes républiques soviétiques à Moscou n'est pas très attrayante pour eux et beaucoup préfèrent être vassaux de l'Union européenne et des États-Unis.

Troisièmement, l'implosion régionale du nationalisme ukrainien. Le récit anti-russe des régions de l'ouest et du centre n'a pas fonctionné à l'est et a craqué au sud. Le pluralisme en Ukraine exige le maintien d'un équilibre entre les régions. En 2014, un secteur soutenu par l'Occident l'a brisé et a transformé les tensions en conflit armé dans le Donbass, en sécession en Crimée et en mécontentement dans de nombreuses autres parties de l'Ukraine. Le régime russe en a profité pour s'éloigner de l'OTAN et se consolider maintenant par une courte guerre victorieuse .neutraliser les différents mécontentements internes en Russie. De leur côté, les États-Unis et l'OTAN ont dépensé des milliards de dollars pour moderniser et armer l'armée ukrainienne et former 80 000 de ses soldats, entre 2015 et 2020. Les préparatifs sont donc venus de loin et, selon les mots du secrétaire général de l'OTAN, « ont eu un impact significatif" sur la campagne en cours.

Dans votre livre "L'invasion de l'Ukraine", vous soutenez qu'avec l'invasion Poutine a ouvert la porte à la chute de son régime. Il dit, "il n'est pas encore un cadavre politique mais le compte à rebours pour lui a commencé." Avec la mobilisation décrétée, pensez-vous que cela pourrait accélérer votre chute ?

– J'ai écrit cela le jour de l'invasion et je le considère toujours comme probable. Le soutien de la société russe à Poutine n'est ni fanatique ni idéologique, mais pragmatique et dépolitisé : en général, la vie en Russie n'a pas empiré sous Poutine. Aux yeux de la population, cela compense les abus, les fraudes et les méfaits : tout sauf un retour aux catastrophes matérielles et psychologiques des années 1990. Maintenant, avec les sanctions, la vie va certainement empirer pour la majorité. Le contrat social est rompu. À moins que, de son immense pouvoir d'autocrate, Poutine ne change radicalement ses termes et n'introduise un modèle socio-économique plus distribué vers les secteurs sociaux les plus modestes et majoritaires, il sera très difficile de maintenir son régime.

Qu'est-ce que l'annexion de plusieurs districts ukrainiens à la Russie et la mobilisation partielle changent militairement ?

Pour la Russie, "l'opération militaire spéciale" deviendra une guerre sur le territoire russe. Cela signifie qu'il augmentera son intensité. Jusqu'à présent, il n'y a eu aucune destruction d'infrastructures ou de missiles contre les centres de pouvoir de Kiev, comme cela s'est produit à Belgrade ou à Bagdad. Mais surtout, la menace nucléaire se matérialise, puisqu'une guerre en Russie, selon la doctrine actuelle, permet l'utilisation d'armes de dernier recours pour défendre l'intégrité du pays. C'est très grave

Pourquoi est-il si difficile de consolider une opposition forte et démocratique en Russie qui ne soit pas soumise aux intérêts occidentaux ?

– Edgar Morin dit que « tout n'est pas perdu là où subsistent des forces pluralistes, dans l'État, hors de l'État, contre l'État, où les pouvoirs sont encore partagés, où il y a encore des désordres et des libertés ». Comme le système autocratique-bonapartiste russe laisse très peu de place à tout cela, qu'il est impossible de le changer institutionnellement et que presque tout dépend de la volonté du caudillo, son opposition ne peut être que désespérée, radicale et tendant à la démolition. D'une certaine manière, il y est condamné par le régime même qui répond. Et en cela il peut coïncider avec l'intérêt de l'oligarchie occidentale, adversaire de tout ce qui touche aux puissances autonomes et indépendantes dans le monde. L'Occident rêve d'un changement de régime, d'un retour à un régime russe subalterne comme celui d'Eltsine,

Quelle est la véritable relation de la Russie avec la Chine ? Est-ce une alliance solide ? Comment interprétez-vous la position de Pékin dans le conflit ukrainien ?

– Je ne pense pas que ce soit une relation solide, car le pouvoir personnel et autoritaire n'est pas très compatible avec des relations de confiance, ni ne peut être délégué. Les deux sont nécessaires pour créer des institutions et des alliances supranationales solides et efficaces. De plus, il ne faut pas oublier la volonté laïque de la Russie d'être une puissance autonome, et sa position géographique délicate entre deux empires plus puissants qu'elle. À l'ouest se trouve l'Union européenne, gouvernée par des institutions oligarchiques et non démocratiques telles que la Commission, la Banque centrale européenne et l'OTAN, et à l'est se trouve la Chine, un régime à parti unique dont l'objectif n'est pas la démocratie mais la stabilité, et dont l'économie est dix fois plus importante que celle de la Russie. Il y a, oui, une coïncidence d'intérêts entre les deux pays, tous deux soumis au marquage militaire et économique de l'Occident. C'est pourquoi la réaction de la Chine à la guerre a été prudente, soulignant d'une part le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et en même temps identifiant l'expansion de l'OTAN aux portes de la Russie comme la racine des mêmes provocations qu'elle subit à Taïwan et la mer de Chine méridionale. La présentatrice de télévision chinoise Liu Xin a résumé la demande occidentale pour qu'elle rejoigne les sanctions contre la Russie en avril : « Ils nous disent :aidez-nous à lutter contre votre partenaire russe afin que nous puissions mieux nous concentrer contre vous plus tard ».

Nous sommes dans un moment de reconfiguration des alliances géopolitiques sur tous les continents, où allons-nous ? Vers un monde bipolaire, multipolaire... ?

– Il ne fait aucun doute que nous nous dirigeons vers une planète plus chaude, avec les catastrophes que cela entraîne, et que nous perdons un temps que nous n'avons pas, en tant qu'espèce, pour éviter une catastrophe. Dans l'Anthropocène, le vieux monde des « empires en guerre » est un non-sens qui reporte la nécessaire intégration mondiale dont le siècle a besoin et que Gorbatchev appelait en son temps. Le libéralisme était une avancée historique contre l'ancien régime et les privilèges de la noblesse, mais nous avons maintenant quelque chose de très différent : un néolibéralisme contre la puissance publique des États, qui défend les intérêts de la finance, des grands monopoles, de la spéculation et une petite oligarchie rentière dans laquelle dix puissants concentrent plus de richesses que 40% de la population mondiale. La Russie et la Chine sont des pays d'inégalités et d'oligarchies, mais leur péché est qu'ils maintiennent le contrôle des finances et des monopoles, avec lesquels ils sont capables de protéger l'intérêt public contre les multinationales et la classe rentière. C'est beaucoup plus clair en Chine qu'en Russie, mais si le régime russe a un avenir, il ira plus loin dans cette direction chinoise : plus productif, moins parasitaire, plus social et plus autoritaire. Il en résulte peut-être un certain pôle « non-occidental » contre le néolibéralisme qui implique tous les pays émergents. Il semble que nous entrions dans quelque chose comme ça, avec un G-7 de moins en moins capable de dicter ses règles au reste du monde. C'est beaucoup plus clair en Chine qu'en Russie, mais si le régime russe a un avenir, il ira plus loin dans cette direction chinoise : plus productif, moins parasitaire, plus social et plus autoritaire. Il en résulte peut-être un certain pôle « non-occidental » contre le néolibéralisme qui implique tous les pays émergents. Il semble que nous entrions dans quelque chose comme ça, avec un G-7 de moins en moins capable de dicter ses règles au reste du monde. C'est beaucoup plus clair en Chine qu'en Russie, mais si le régime russe a un avenir, il ira plus loin dans cette direction chinoise : plus productif, moins parasitaire, plus social et plus autoritaire. Il en résulte peut-être un certain pôle « non-occidental » contre le néolibéralisme qui implique tous les pays émergents. Il semble que nous entrions dans quelque chose comme ça, avec un G-7 de moins en moins capable de dicter ses règles au reste du monde.

Quel rôle l'Union européenne adopte-t-elle dans ce nouveau scénario ?

– L'Union européenne centrée sur l'Allemagne a été démantelée en tant qu'empire souverain à la suite de ses propres sanctions. elle est devenue une subalterne des États-Unis. Washington a réussi à rompre la relation énergétique entre l'Allemagne et la Russie, ce que Washington souhaitait depuis les années 1970, de plus les Américains ont réussi à intégrer l'Union européenne dans leur lutte contre la Chine, qui est le plus grand partenaire commercial de l'Europe. L'aberration est extraordinaire. L'Allemagne et la France auraient ensemble la capacité d'affirmer une politique étrangère et de sécurité différente, mais il n'en reste aucune trace. Les politiciens allemands ont renoncé à la détente et se réarment - avec des armes américaines. Une nouvelle génération d'acteurs incompétents, avec Ursula von der Leyen à la tête de la Commission et la ministre verte des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, à la barre, ils mènent un nouvel atlantisme et une russophobie aux accents revanchards qui raviraient ses grands-parents. Nous verrons ce qui se passera lorsque les sociétés européennes et les économies nationales paieront le prix de cette subordination sous la forme d'une récession. En mai, le président chinois Xi Jinping a dit au chancelier allemand Olaf Scholz quelque chose de très simple mais qui résume : « La sécurité européenne doit être entre les mains des Européens ».

Pensez-vous qu'il y a de la place pour s'entendre avec la Russie ?

– S'ils avaient accepté de concéder ne serait-ce que la moitié des points que la Russie a présentés aux États-Unis et à l'OTAN en décembre, à savoir la neutralité de l'Ukraine et le retrait de l'infrastructure militaire de l'OTAN de l'environnement russe, la guerre aurait pu être évitée… Mais ils ne voulaient pas. Et tout le monde comprend, du moins dans les pays du Sud où la manipulation de l'information est moindre, que déployer des missiles et des infrastructures militaires d'une puissance rivale le long de la frontière d'une superpuissance nucléaire, ce qu'ils font depuis 25 ans, est une provocation insensée. Même le pape François l'a mentionné.

Au cours de vos quatorze années en tant que correspondant à Moscou, vous avez interviewé à plusieurs reprises Mikhaïl Gorbatchev, le dernier président de l'URSS. Malgré l'échec de sa réforme politique, la perestroïka, il en reconnaît les mérites. Selon vous, quelles ont été vos principales réussites et vos principales erreurs ?

– C'est un succès et un espoir pour toute l'humanité que le chef d'une superpuissance a promu comme objectifs le désarmement nucléaire universel et la coopération internationale avec les moyens d'affirmer une "nouvelle civilisation" dans un monde intégré, comme l'a dit Gorbatchev. C'était une belle occasion manquée car les interlocuteurs de Gorbatchev n'étaient pas à la hauteur.

Ce fut un succès pour la Russie qu'un dirigeant qui concentrait tout le pouvoir en sa personne le transfère aux chambres représentatives. C'est sans précédent dans l'histoire séculaire du pouvoir de Moscou, tant sous le tsarisme que sous le soi-disant « communisme ». Ce précédent demeure pour l'avenir de la Russie.

Ce fut un succès pour l'Europe centrale et orientale que la puissance impériale se retire inconditionnellement de tout cet espace sans avoir été vaincue militairement. En ce qui concerne l'Allemagne, il a gagné à la loterie, car sans Gorbatchev, ils seraient toujours divisés.

Concernant les erreurs, je pense que Gorbatchev a surestimé, en général, la capacité de réforme de l'Occident capitaliste. Une erreur concrète a été de ne pas conditionner la réunification allemande au retrait de l'Allemagne de l'OTAN, ce avec quoi la population allemande était d'accord.

Dans votre longue expérience de correspondant international, comment avez-vous lutté contre l'imposition des récits officiels ?

– Il faut être conscient que dans un univers médiatique comme celui que nous avons, avoir ses propres critères, sortir du troupeau, ce n'est pas bon pour faire carrière et monter vers le "succès". À partir de là, chacun a sa stratégie particulière.

Propos recueillis par Rafael Poch-de-Feliu - 23 septembre 2022

La traduction, la mise forme et la mise en évidence de § de textes en rouge, sont de la rédaction «Poèmes De La Ligne Rouge»

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(*) Anna Balcells - Journaliste spécialisée dans les affaires internationales. Travaille depuis 1999 au journal El Punt Avui (Barcelone). Auparavant, au journal La Vanguardia (Barcelone, 1991-1999), au journal The Guardian (supplément Guardian Europe, Londres, 1990-91) et au Conseil de l'Europe et au Parlement européen en tant que correspondante de La Vanguardia (Strasbourg, France, 1989-90).

(**) Rafael Poch-de-Feliu (Barcelone, 1956) est correspondant international depuis 35 ans, la plupart en URSS/Russie (1988-2002) et en Chine (2002-2008) pour La Vanguardia . Il a également été correspondant à Berlin, avant et après la chute du Mur, et à Paris. Dans les années 1970 et 1980, il étudie l'histoire contemporaine à Barcelone et à Berlin-Ouest, est correspondant espagnol de Die Tageszeitung , écrivain pour l'agence de presse allemande DPA à Hambourg et correspondant itinérant en Europe de l'Est (1983-1987). Auteur de plusieurs livres; sur la fin de l'URSS (traduit en russe, chinois et portugais), sur la Russie de Poutine, sur la Chine, et un petit essai collectif sur l'Allemagne de la crise de l'euro (traduit en italien). Il est actuellement professeur de relations internationales à l'UNED et agriculteur.

 

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On prend vraiment les gens pour des imbéciles…

4 Décembre 2022, 23:29pm

Publié par Par Rafael Poch de Feliu (**)

On prend vraiment les gens pour des imbéciles…

La population doit être conduite par la ruse à consentir à la guerre, ou du moins à ne pas s’y opposer.

 

 

Si l’on examine l’édition de La Vanguardia(*) du 1er septembre 1939, jour du début de la Seconde Guerre mondiale en Europe avec l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, le lecteur trouvera le titre suivant : «Un coup d’État polonais a dégénéré en combat ouvert avec les forces allemandes».

 

Le lendemain, le correspondant du journal à Berlin, Ramón Garriga, signale le début de l’invasion allemande en Pologne comme une «contre-attaque allemande en réponse aux agressions subies par les soldats allemands ces derniers jours». Mais à côté de cela, dans un petit encadré du 2 septembre, on pouvait lire un tout petit rapport sur «les opérations allemandes selon les Polonais » et il y avait même un compte rendu de la « Proclamation du Président polonais« . En d’autres termes, dans les limites du journal d’un régime proche des nazis, chacun pouvait se faire sa propre opinion et tirer ses propres conclusions sur ce qui se passait réellement.

 

Maintenant, pour avoir une idée de ce qui se passe en Ukraine, officiellement une « invasion non provoquée » qui a commencé le 24 février, il faut sortir des médias officiels et établis, explorer les médias alternatifs, la propagande russe et ainsi de suite, et malgré ce gymkhana, on n’a pas toujours une image claire de ce qui se passe.

 

Quoi qu’il en soit, si ce qu’on nous dit de cette guerre était la vérité, il n’y aurait pas besoin de la censure des médias russes, pas besoin de voix dissidentes du récit officiel, même sur les médias sociaux, et pas besoin des officines de propagande de l’OTAN, dont la domination des think tanks et des médias occidentaux est déjà considérable (tout comme en Russie, mais en sens inverse), pour nous bénir avec leurs bonnes nouvelles maccarthystes primitives.

 

Nafo/Ofan, une officine de l’OTAN qui se présente comme une initiative de la « société civile« , divise par exemple les Occidentaux qui ne sont pas d’accord avec le discours atlantiste officiel sur la guerre en cinq groupes et les présente comme des « apologistes du génocide » prétendument perpétré par la Russie en Ukraine, conformément à la banalisation du concept pratiqué par les deux parties.

 

Dans cette galerie de complices, ils sont présentés comme tels :

 

1) les « communistes », qui croient que la Russie est une sorte d’URSS.

 

2) les « antifascistes de gauche », qui pensent que parce qu’ils ont certains problèmes avec les néo-nazis, le gouvernement et la société nationaliste ukrainiens sont nazis.

 

3) les « ultra-droites » qui sympathisent avec les aspects « de façade » de l’argumentation du Kremlin

 

4) les « grosses têtes » qui prennent toujours le contre-pied et qui, s’ils lisent « blanc » dans le journal, disent « Aha, donc c’est noir ».

 

5) les « pacifistes BoBo », avec la fleur dans le sac et le regard perdu dans un monde naïf avec l’arc-en-ciel en arrière-plan…..

 

Selon The Grayzone « How the pro-Ukraine NAFO troll operation crowd-funds war criminals » cette  « organisation de la société civile » a été fondée par un Polonais antisémite afin de collecter des fonds pour la Légion géorgienne, une milice accusée de crimes tels que l’exécution de prisonniers et comptant dans ses rangs des meurtriers condamnés.

 

La collaboration de l’OTAN avec l’extrême droite et son utilisation du terrorisme est un aspect bien connu et bien documenté de l’histoire européenne [Voir Bommeleeër, la novela negra de Luxemburgo – Rafael Poch de Feliu], et, logiquement, dans le conflit actuel, elle devient d’actualité.

 

Sur les tweets concernant la guerre en Ukraine, une étude de l’Université d’Adélaïde [ Voir « L’ARMÉE DE BOTS ANTI-RUSSES EXPOSÉE PAR DES CHERCHEURS AUSTRALIENS – Declassified Australia (Australie)] montre que nous sommes au milieu d’une campagne de désinformation massive sur les médias sociaux.

 

L’étude a examiné cinq millions de tweets générés au cours des premières semaines de l’invasion russe et a révélé que 80 % d’entre eux avaient été générés dans des « usines » de propagande. Quatre-vingt-dix pour cent de ces messages fabriqués ont été lancés à partir de comptes pro-ukrainiens et seulement sept pour cent à partir de sociétés russes. Pour avoir une idée, le premier jour de la guerre, jusqu’à 38 000 tweets par heure ont été générés par ces usines sous le hashtag «Je suis avec l’Ukraine».

 

« Nous nous battons avec la communication, c’est un combat, nous devons conquérir les esprits« , a déclaré Josep Borrell en octobre dans un discours galvanisant adressé aux ambassadeurs de l’UE qui étaient, selon lui, trop dociles et paresseux. Et puisqu’il faut « conquérir les esprits« , il faut simplifier le message et transformer un film complexe en un scénario hollywoodien pour enfants de bons et de méchants.

 

Quelques exemples :

 

- Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), il y a 2,3 millions de réfugiés ukrainiens en Europe centrale et orientale, dont 1,5 million en Pologne et environ un million en Allemagne. Il y en a également 2,8 millions en Russie, le pays qui en a le plus reçu, mais ces derniers sont souvent décrits comme des « déportés » par le récit de Kiev et rarement mentionnés comme des êtres humains en détresse dans les médias occidentaux. (Ce documentaire, « Человек и война» // «Скажи Гордеевой» – YouTube  de Katerina Gordeyeva, interrogeant des réfugiés de Mariupol à Varsovie, Berlin, Moscou, Rostov, Lvov et d’autres villes, donne une image d’une réalité complexe).

 

- Les manœuvres nucléaires de la Russie sont présentées comme « le chantage de Poutine« , celles de l’OTAN (« Defender ») comme « la preuve de la crédibilité de l’Alliance« .

 

- Lorsqu’Amnesty International affirme que l’armée ukrainienne commet également des crimes de guerre, l’affaire est discrètement étouffée, y compris par la réaction furieuse du gouvernement de Kiev qui punit l’organisation en lui refusant l’accès et en exigeant des rectifications. Il en va de même pour les membres disparus, réduits au silence, détenus ou assassinés de la gauche ukrainienne, les forces politiques hors-la-loi, les médias fermés, les représailles contre les « collaborationnistes » dans les territoires reconquis, etc.

 

- L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dénonce à juste titre les dangers qui entourent la centrale nucléaire de Zaporozhie, mais ne précise pas qui bombarde la zone autour de la centrale, qui est occupée par l’armée russe. Le fait que, comme dans tant d’autres « organisations internationales« , la majorité des actions de l’organisation soient détenues par des pays occidentaux, détermine le manque de clarté des dénonciations de son président, l’Argentin Rafael Grossi, sur la paternité évidente des attentats à la bombe de cette usine.

 

- Lorsqu’en août, un attentat a été commis à Moscou qui a tué une jeune journaliste de droite, Daria Douguine, fille d’un philosophe marginal, Alexandre Douguine, qui, selon la légende occidentale, a une grande influence au Kremlin (la pertinence de l’idéologie dans ce conflit fait partie de cette légende), ce n’est pas du « terrorisme ».

 

- Lorsque les gazoducs russes alimentant l’Allemagne ont été détruits en septembre, [qui avaient déjà été la cible d’une attaque de la CIA dans les premiers jours de la coopération gazière entre l’URSS et l’Allemagne dans les années 1980 [ Voir CIA verursachte mittels Software Pipeline-Explosion in Sowjetunion 1982 – Netzpolitik – derStandard.at › Web] et ce dans la Baltique, sans doute la région maritime la plus contrôlée du monde par l’OTAN, et peu de temps après le début des manifestations en Allemagne pour rétablir ce flux le débat sur la responsabilité a été rapidement clos, le gouvernement allemand refusant toute explication à ses députés, invoquant des raisons de « bien-être public » (Staatswohl); et le journalisme atlantiste est resté muet en parlant de « mystère » ou en désignant directement la Russie comme l’auteur des attaques.

 

- Lorsque la Russie a commencé à lancer des vagues de missiles et de drones sur l’Ukraine en octobre, après l’attaque du pont de Crimée le 8 octobre (6 morts), et les revers militaires sur la ligne de front, les attaques sont qualifiées de « ciblage indiscriminé de civils » (Biden). Lors de la première attaque, les quatre-vingts missiles russes lancés ont fait 17 morts et lors de l’attaque du 18 novembre (96 missiles) 15 morts, selon les rapports ukrainiens. Alors que la Russie a expliqué que les attaques étaient dirigées contre le réseau électrique et les points de commande, le Wall Street Journal a indiqué que « la plupart des attaques ont touché des sous-stations électriques et d’autres cibles situées en dehors des centres urbains et loin des résidences civiles« . Le même journal a mentionné, dans son édition du 2 décembre, des considérations qui n’apparaissent pas dans la presse espagnole et sont rares dans la presse européenne:

« Les attaques font partie d’une stratégie russe visant à démoraliser la population et à forcer les dirigeants à capituler », a déclaré jeudi le ministère britannique de la défense. Cependant, comme le Kremlin n’a pas employé une telle stratégie depuis le début de la guerre, ses effets deviennent moins efficaces. Cette considération attire indirectement l’attention sur la « supériorité » de la stratégie occidentale : pour donner une idée, dans les premiers jours de la guerre d’Irak de 2003, la campagne de missiles contre Bagdad et d’autres villes, surnommée « Shock & Awe« , a fait 6 700 morts, selon les estimations américaines.

 

Indépendamment de cette moindre « efficacité » russe en matière de décision et de létalité, les attaques sont certainement criminelles et leurs effets dévastateurs pour la population civile : le 23 novembre, 70 % de la capacité électrique ukrainienne a été anéantie par les attaques russes, avec les effets sur la population civile que nos médias documentent en détail. Quelle est la justification ? Le ministre des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, l’a proposé lors de sa conférence de presse du 1er décembre 2022.

 

« L’infrastructure électrique ukrainienne fournit un potentiel de combat aux forces armées ukrainiennes, aux bataillons nationalistes, et d’elle dépend la livraison d’une grande quantité d’armes que l’Occident fournit à l’Ukraine pour tuer des Russes ».

 

Ce raisonnement vous rappelle-t-il quelque chose ?

 

Le 25 mai 1999, à Bruxelles, le tristement célèbre Jamie Shea [Voir « La mentira de Kosovo en Alemania » – Rafael Poch de Feliu ], porte-parole de l’OTAN et de Javier Solana, s’est vu poser la question suivante par un journaliste :

 

« Vous dites que vous n’attaquez que des cibles militaires, alors pourquoi privez-vous 70% du pays (la Serbie) non seulement d’électricité, mais aussi d’eau ? »

 

La réponse de Jamie Shea a été exactement la même que celle de Lavrov :

 

« Malheureusement, l’électricité alimente les systèmes de contrôle et les points de commande. Si le président Milosevic veut que son peuple ait de l’eau et de l’électricité, tout ce qu’il a à faire est d’accepter les cinq conditions de l’OTAN (capitulation), et jusqu’à ce qu’il le fasse, nous continuerons à attaquer les cibles qui fournissent de l’électricité à ses forces armées. Si cela a des conséquences pour les civils, c’est votre problème. »

 

 

«La Russie fournit-elle du Viagra à ses troupes pour qu’elles commettent des viols en Ukraine ? La représentante spéciale de l’ONU sur les violences sexuelles dans les conflits, Pramila Patten, a déclaré en octobre à l’agence Afp que cette légende, diffusée pour la première fois en juin 2011 en Libye par la propagande atlantiste dans la guerre contre Kadhafi, était une « stratégie militaire » russe, mais elle a avoué en novembre n’en avoir aucune preuve.

 

Le fait est que nous sommes pris pour des imbéciles. Une analyse de la guerre d’Ukraine qui ne tient pas compte des provocations occidentales qui y ont conduit, qui ne part pas de sa genèse de trente ans et de ses responsabilités, dont le plus modéré est de dire qu’elles sont partagées, n’est que de la littérature de propagande pour enfants. Malheureusement, c’est l’environnement informationnel dans lequel nous sommes immergés.

 

« Fondamentalement, les gens ne veulent pas la guerre, il faut tromper la population pour qu’elle consente, ou du moins ne s’oppose pas à la guerre », a expliqué Julian Assange, le journaliste qui a dénoncé des crimes énormes et qui a été emprisonné pendant dix ans et isolé pendant plus de mille jours dans une cellule de haute sécurité de trois mètres carrés, dans des conditions que le rapporteur des Nations unies sur la question qualifie de torture, et en attente d’extradition vers les États-Unis où il attend un procès inéquitable – car la loi sur l’espionnage qui l’accuse l’empêche d’alléguer toute considération des crimes dénoncés et de la liberté d’information – et 175 ans de prison.

 

Il est évident que les considérations d’Assange sont valables pour les deux camps dans cette guerre, mais ce dont il est question ici, c’est du nôtre, du fourrage avec lequel nos « informateurs » nous nourrissent spirituellement chaque jour.

 

Rafael Poch de Feliu (**) - le 3 décembre 2022

 

 

La traduction, la mise forme et la mise en évidence de § de textes en rouge, sont de la rédaction «Poèmes De La Ligne Rouge»

 

Source: https://rafaelpoch.com/2022/12/03/nos-toman-por-idiotas/

 

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(*) La Vanguardia est un journal matinal d'information généraliste édité à Barcelone à destination de toute l'Espagne. Il est publié depuis 2011 en deux éditions parallèles : espagnol et catalan. Son premier exemplaire est sorti le 1ᵉʳ février 1881, ce qui en fait l'un des plus vieux périodiques d'Espagne.

 

Date De Fondation : 1 février 1881

Tirage : 84 000 (2020)

Genre : généraliste

 

(**) Rafael Poch de Feliu (Barcelone, 1956) est correspondant international depuis 35 ans, la plupart en URSS/Russie (1988-2002) et en Chine (2002-2008) pour La Vanguardia . Il a également été correspondant à Berlin, avant et après la chute du Mur, et à Paris. Dans les années 1970 et 1980, il étudie l'histoire contemporaine à Barcelone et à Berlin-Ouest, est correspondant espagnol de Die Tageszeitung , écrivain pour l'agence de presse allemande DPA à Hambourg et correspondant itinérant en Europe de l'Est (1983-1987). Auteur de plusieurs livres; sur la fin de l'URSS (traduit en russe, chinois et portugais), sur la Russie de Poutine, sur la Chine, et un petit essai collectif sur l'Allemagne de la crise de l'euro (traduit en italien). Il est actuellement professeur de relations internationales à l'UNED et agriculteur.

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John McCain à la tribune du Maidan en décembre 2013: son appel trahit la manipulation des néo-conservateurs

3 Décembre 2022, 23:01pm

Publié par Caramel Pamou

John McCain à la tribune du Maidan en décembre 2013: son appel trahit la manipulation des néo-conservateurs

John McCain disparu, les louanges n'ont pas manqué. Cependant, McCain n'était pas un ange. Loin de là. Sénateur républicain néo-conservateur, il siégeait à la chambre haute pour l'Arizona depuis 1987. Il était respecté au-delà de son parti parce que, bien que républicain, il ne voulait pas de la politique protectionniste de Donald Trump, il avait le soutien notamment des démocrates mondialistes, autant américains qu'étrangers.

L'ancien pilote de chasse américain (de la guerre du Vietnam), est resté un défenseur acharné de la suprématie militaire des Etats_Unis sur le monde. Il s'est félicité du bombardement de Belgrade en 1999 et de l'attaque contre l'Irak en 2003. Il faisait partie de ces politiciens américains qui s'impliquaient personnellement, y compris à l'étranger, chaque fois qu'il y avait une opportunité de s'en prendre à la Russie.

Le 15 décembre 2013, en tant que sénateur des Etats-Unis, c'est-à-dire comme l'une des personnalités les plus influentes de la politique américaine; il monte à la tribune des manifestants sur le Maïdan à Kiev et prononce le discours le plus incendiaire qui soit devant un public ukrainien chauffé à blanc contre le gouvernement en place. Littéralement:

« Ukrainiens ! Votre heure est venue maintenant ! Il s'agit de votre avenir, l'avenir que vous méritez ! L'avenir en Europe ! L'avenir en toute tranquillité ! L'avenir de vos voisins ! Le monde libre est avec vous ! L'Amérique est avec vous ! Je suis d'accord! L'Ukraine rendra l'Europe meilleure, et l'Europe rendra l'Ukraine meilleure !"

Imaginez un député influent de la Douma russe, tenir un discours anti-Macron devant des Gilets Jaunes rassemblés Place de la Concorde:

«Françaises, Français en gilets jaunes ! Votre heure est venue maintenant ! La Russie est avec vous... »

Impensable !

Deux mois plus tard, le putsch

Malgré une tentative de médiation par le ministre allemand des Affaires étrangères de l'époque (Frank-Walter Steinmeier) et les ministres des Affaires étrangères de France et de Pologne, le putsch officiel a eu lieu le 22 février 2014. Les manifestants ont refusé d'appliquer la proposition de médiation et ont destitué le président démocratiquement élu Viktor Ianoukovitch. Les États-Unis avaient ainsi obtenu ce qu'ils voulaient: un « changement de régime » et un gouvernement favorable aux États-Unis et contrôlé par les États-Unis.

Par la suite, McCain a exigé à plusieurs reprises des livraisons massives d'armes des États-Unis à l'Ukraine et a préconisé une intervention militaire : après la guerre du Vietnam perdue et les nombreuses guerres et guerres civiles depuis lors, qui ont principalement laissé des perdants et dans de nombreux endroits une pure misère dans leur sillage, c'est une attitude politique assez étonnante.

John McCain n'a  jamais cherché la paix, mais la guerre - malheureusement. Comme beaucoup d'autres néo-conservateurs américains.

La presse européenne collaborationniste s'est réjouie de l'apparition de McCain sur le Maidan:

Les journaux allemands se sont réjouis de la venue de McCain sur le Maidan

 

La NZZ sur la mort du "héros national" - sans parler du bellicisme

 

McCain a menacé Poutine du même sort que Kadhafi

 

Voici la vidéo de deux minutes du discours de McCain sur le Maidan

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Non, c'est pas moi, c'est lui l'agresseur..!

3 Décembre 2022, 22:45pm

Publié par Caramel Pamou

Non, c'est pas moi, c'est lui l'agresseur..!

C'est répété en boucle tous les jours dans tous les médias: «C'est quand-même la Russie qui a envahi l'Ukraine, un Etat souverain ». Tant dans les livres d'histoire qu'en politique, chaque histoire est marquée par l'endroit où l'on choisit de commencer le récit...

Les combats actuels en Ukraine, qui, selon de nombreux observateurs, constituent déjà la phase initiale de la Troisième Guerre mondiale, s'inscrivent dans ce cadre. Les graines du conflit ont-elles germé après que Mikhaïl Gorbatchev a cédé à la dissolution de l'Union soviétique en 1991, après avoir obtenu des Etats-Unis et de leurs alliés la parole ou la promesse, que l'alliance atlantique OTAN n'avancerait pas en Europe de l'Est ?

Un engagement rapidement été ignoré par le président Bill Clinton, qui est intervenu militairement en ex-Yougoslavie avant d'accueillir de nouveaux membres de l'OTAN au milieu des décombres du pacte de Varsovie.

Depuis, l'OTAN a poursuivi son expansion au détriment des intérêts de la Russie en matière de sécurité nationale. L'Ukraine, l'une des plus grandes des anciennes républiques soviétiques, est rapidement devenue le coeur d'un conflit potentiel.

Les Etats-Unis se sont ouvertement impliqués dans la politique ukrainienne, avec les visites fréquentes du sénateur John McCain, implacablement belliciste, et de sa "camarade" du département d'Etat, Victoria Nuland, ainsi qu'avec l'investissement de 5 milliards de dollars, selon les rapports, pour déstabiliser la situation et provoquer un changement de régime afin de destituer le gouvernement pro-russe de Viktor Ianoukovitch et de le remplacer par un régime favorable aux Etats-Unis et à ses alliés.

Lorsque cela s'est produit, cela a inévitablement conduit à une proposition d'invitation de l'Ukraine à rejoindre l'OTAN, une mesure contre laquelle Moscou avait averti à plusieurs reprises qu'elle constituerait une menace existentielle pour la Russie, donc une ligne rouge à ne pas franchir.

Lire ici:
« Wladimir Putins Vision einer multipolaren Welt »

https://bit.ly/3VkFoDh

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Le réseau Twitter d'Elon Musk donne des boutons au gouvernement français et aux régulateurs européens

3 Décembre 2022, 22:32pm

Le réseau Twitter d'Elon Musk donne des boutons au gouvernement français et aux régulateurs européens

Elon Musk et Twitter sont sous le viseur des régulateurs français et pourraient bientôt être sanctionnés.

La France s’inquiète de l'avenir de Twitter

Il y a un mois, le gouvernement français, sous l’impulsion du ministre de la transition numérique Jean-Noël Barrot, avait décidé de mettre les bouchées doubles sur la cybersécurité. Alors que le secteur crypto, souvent victime de vols et de scams en tous genres, pourrait être touché localement par d’éventuelles nouvelles régulations visant à protéger les utilisateurs français, c’est désormais une toute nouvelle entité qui doit rendre des comptes.

En effet, le réseau social Twitter a récemment fait beaucoup parler de lui. D’une part avec l’arrivée du milliardaire Elon Musk à sa tête, puis avec de grandes vagues de licenciements exacerbées par le dernier ultimatum de son nouveau propriétaire. Face à la désertion des employés, le gouvernement français en vient à se demander si la modération est encore et toujours présente sur la plateforme et, surtout, si celle-ci est toujours aussi efficace malgré les circonstances.

En outre, depuis qu’Elon Musk insiste sur la liberté d’expression et retire toutes les mesures précédemment adoptées par Twitter pour endiguer les fake news ou autres abus, beaucoup d’utilisateurs s’interrogent sur ce que les modérateurs auront le droit ou non de sanctionner. La grande liberté prônée par le PDG de Tesla est donc loin de faire l’unanimité. Cependant, la France compte bien mettre les choses au clair et demande à Musk de prouver que sa plateforme suit encore les régulations tant locales qu’européennes. De son côté, Jean-Noël Barrot insiste bien sur la modération des propos haineux et sur la manipulation des informations tout en brandissant la menace d’une punition.

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