Même si l’on affirme officiellement que les États-Unis auraient fini par comprendre les ravages de leurs croisades — cimetières multiples, milliards réduits en cendres, peuples dévastés, terroristes dopés par les bombes des libérateurs — on assisterait presque à une autocritique christique, si l’on ne voyait pas en même temps les porte-avions filer vers les Caraïbes pour transformer le Venezuela en station-service privatisée. Le renoncement messianique tourne au gag macabre. L’Empire n’abdique jamais : il somnole un instant, digère, puis repart en chasse.
Les chiffres qui accusent
La confession de Tulsi Gabbard aurait pu choquer si elle n’avait été confirmée depuis longtemps par la comptabilité même de l’État américain. Le Congressional Research Service — cette mécanique austère comparable au service scientifique du Bundestag — dénombre 251 interventions militaires entre 1991 et 2022. Une moyenne de huit par an. Une précision clinique qui n’inclut ni les coups d’État téléguidés, ni les opérations clandestines des services secrets, ni les ingérences dont aucun rapport officiel ne souhaite porter la trace.
Le discours humanitaire qui accompagne ces interventions sonne comme une rengaine coloniale : on parle de liberté, on vend la démocratie comme un produit empaqueté, on invoque la lutte contre le terrorisme. Résultat : les ennemis se multiplient, les peuples s’enfoncent, et les États-Unis accumulent fiascos et désastres.
La directrice du renseignement ne dit rien que l’Histoire n’ait déjà hurlé. Cette fois, pourtant, c’est l’Empire lui-même qui murmure l’aveu : la démesure a un prix, mesuré en vies, en villes détruites, en menaces nouvelles. L’un des fruits familiers de ces décennies de chaos porte un nom devenu tristement banal : l’« État islamique », enfant monstrueux né des guerres américaines, dont la généalogie remonte directement aux déserts que Washington a déchirés au nom du Bien.
Washington promet de se “retenir…”
La contradiction ne gêne personne à Washington. Alors que Tulsi Gabbard évoque la nécessité de renoncer aux interventions, Donald Trump agite — comme à son habitude — la menace d’un conflit contre le Nigeria. Et comme si l’aveu de Gabbard n’avait jamais existé, des bâtiments de guerre américains se massent au large du Venezuela, tandis qu’un ballet meurtrier dans les Caraïbes aligne les bateaux coulés au nom d’une croisade antidrogue sans fin. Les juristes parlent d’« exécutions extrajudiciaires ». À Washington, ce vocabulaire passe comme une note de bas de page.
Depuis le 11 septembre, les États-Unis ont perfectionné une doctrine qui consiste à tuer avant de juger. Doctrine raffinée sous Barack Obama — prix Nobel de la paix au titre tragiquement ironique — qui ordonna des milliers d’assassinats par drones, réduisant des civils à des « dommages collatéraux » comme on corrige une faute sur un rapport. L’annonce de Gabbard aurait pu marquer un tournant. En réalité, elle ne fait que commenter une mécanique qui ne s’arrête jamais.
Le Venezuela, une vieille obsession
Aucun diplomate sérieux ni analyste lucide n’ignore ce qui se joue au Venezuela. Washington ne mène pas une croisade contre les trafiquants : il prépare un changement de gouvernement, une opération de récupération énergétique. Le pays, autrefois station-service des multinationales américaines, possède l’une des plus vastes réserves pétrolières du monde. Et la demande mondiale en gaz et pétrole grimpera encore. Il suffit de regarder les cartes géologiques pour comprendre la frénésie américaine.
Nicolás Maduro est décrit comme le complice d’un cartel fantôme — le fameux « Cartel de los Soles ». Une construction fictionnelle, explique Pino Arlacchi, ancien directeur exécutif de l’ONUDC, qui compare cette accusation à un monstre de cinéma : une créature mythologique, utile à justifier sanctions, embargos et menaces militaires.
Un verrou géostratégique
Quarante ans de lutte américaine contre la drogue n’ont produit qu’un paysage saturé de bases militaires dans les Andes. Officiellement, elles servent à éradiquer les cultures illégales. En réalité, elles constituent un dispositif sophistiqué de contre-insurrection, un verrou géostratégique sur l’arrière-cour latino-américaine. La CIA, dans les années 1980, s’était déjà forgé la réputation de « plus grand trafiquant de drogue des États-Unis ». Au Vietnam, les services de renseignement avaient compris que l’opium pouvait financer les guerres que le Congrès n’aurait jamais votées.
Dès son premier mandat, Trump a densifié la présence militaire autour du Venezuela. Il a renforcé les sanctions entamées vingt ans plus tôt, lorsque Hugo Chávez — l’ancien officier devenu figure du « socialisme du XXIe siècle » — avait osé nationaliser le pétrole et les industries clés. Crime impardonnable pour Washington, qui ne tolère la souveraineté qu’au sein de son propre camp. Maduro est aujourd’hui rangé dans le même tiroir que Kim Jong-un : celui des nuisibles incompatibles avec le récit impérial.
Trump, élu pour en finir avec les guerres, mais piégé dès le départ
Tulsi Gabbard n’a pas tort : une partie du peuple américain a effectivement élu Trump pour mettre fin à la prolifération des interventions militaires. Peut-être en a-t-il eu l’intention, par moments. Peut-être certains de ses conseillers ont-ils lu Emmanuel Todd, qui explique dans L’Occident en déclin que l’OTAN, rongée par la peur de son propre affaiblissement, préfère l’escalade au compromis.
Mais la question n’a jamais été ce que Trump voulait. La question était : qu’est-ce que le système lui permettait ?
Le président américain apparaît comme un géant théorique coincé dans un enclos politique balisé et gardé par des forces invisibles mais permanentes :
- Wall Street contrôle la finance,
- Big Oil verrouille l’énergie,
- le complexe militaro-industriel pilote l’essentiel de la politique étrangère,
- les services de renseignement relient ces blocs,
- et les médias servent d’amplificateurs et d'influenceurs dociles.
La moindre tentative de rapprochement avec la Russie, d’ouverture vers la Corée du Nord ou de réduction des forces armées déclencha un ouragan médiatique méticuleusement orchestré.
Russiagate : une tempête fabriquée
Ce qui a suivi relève du délire collectif, orchestré avec une précision industrielle. Lorsque WikiLeaks publia vingt mille courriels du Comité national démocrate, l’équipe d’Hillary Clinton réagit avec une célérité quasi mécanique : les services secrets avaient — affirmait-on — identifié une cyberattaque russe. Le récit était prêt, calibré : Poutine voulait abattre Clinton et installer Trump.
Les médias, déjà avides de revanche contre ce président qui les bravait, se ruèrent sur cette histoire comme sur une drogue dure. Pendant des années, ils firent tourner la fable, alimentée par de nouveaux « indices » produits par les officines du renseignement. La mise en scène fut si totale qu’on en oublia l’essentiel : l’enquête de Robert Mueller, homme du système par excellence, n’a rien trouvé.
Le Sénat convoqua, en 2017, sous serment, ceux qui prétendaient détenir des preuves. Aucun ne put confirmer quoi que ce soit. Le cœur du mythe se vida en silence. Mais les médias se turent. Pas de mea culpa. Pas d’introspection.
Ce n’est qu’en avril 2020 — trois ans plus tard — que la vérité fut timidement évoquée : Russiagate s’était effondré de lui-même, illusion trop lourde pour se soutenir. Patrick Lawrence, journaliste chevronné, ancien correspondant en Asie, raconte dans Journalists and Their Shadows le prix payé pour avoir dénoncé l’hystérie médiatique : limogé de The Nation, honni par ses pairs, persécuté pour avoir osé qualifier l’affaire de « job interne » à l’entourage de Clinton. Il décrit un climat où les médias américains ont infligé à la démocratie des dégâts comparables à ceux que la guerre froide avait causés aux esprits : une dévastation lente, prolongée, invisible. Les services secrets avaient fini par cibler leur propre population, comme autrefois dans les régimes du bloc de l’Est. La guerre froide n’a jamais été un simple affrontement extérieur : elle fut également une entreprise de manipulation domestique.
Au commencement était Dulles : l’âge d’or de la presse infiltrée
Pour comprendre la profondeur de cette mécanique, il faut revenir au début : 1953.
Cette année-là, Allen Dulles — frère du secrétaire d’État John Foster Dulles — prend la tête de la CIA. La presse américaine devient un terrain d’expérimentation, l’opinion publique un instrument, les rédactions des avant-postes. On recrute des journalistes-influenceurs, on les forme, on les finance.
On fabrique des articles, on distille des commentaires, on glisse des informations dans les journaux comme un poison dans une coupe de vin. Le système fonctionne si bien que, lorsque l’existence de ces « journalistes-collaborateurs » finit par filtrer, la CIA orchestre une fuite contrôlée : trois douzaines d’entre eux seraient sur sa liste de paie.
Le scandale entraîne la mise en place du Frank Church Committee au Sénat. Six volumes d’enquête qui éclairent à peine plus qu’un couloir sombre. Les journalistes compromis ne sont pas contraints de témoigner. On protège l’édifice.Des années plus tard, des enquêtes indépendantes révèlent l’ampleur réelle : plus de 400 journalistes travaillaient pour la CIA.
En 1963 déjà, l’ancien président Harry Truman s’alarme publiquement : il n’avait jamais imaginé que la CIA deviendrait l’architecte de « sombres complots d’assassinat en temps de paix ». Il appelle à restreindre ses opérations. Mais les monstres ne se laissent pas refermer.
L’obsession américaine pour une Europe indépendante
Lorsque Truman publie ce texte, Charles de Gaulle échappe à plusieurs attentats. Le général est convaincu : derrière les tueurs se profile une ombre américaine. La presse française dévoile des connexions troubles entre Allen Dulles et des officiers putschistes. Le climat devient si tendu que John F. Kennedy appelle de Gaulle pour tenter de l’apaiser — et obtenir des informations sur les agissements de son propre patron de l’espionnage.
De Gaulle portait une vision insupportable pour Washington : une Europe souveraine, unie de Londres à Moscou, une « Europe des patries » libérée de la tutelle américaine. Et lorsqu’il accepte la décolonisation de l’Algérie, les faucons américains y voient une trahison : pour eux, Alger libre signifie Alger livrée au communisme.
Dans l’esprit des stratèges américains, l’Europe demeure un champ de bataille, une ligne de front, jamais un partenaire. L’indépendance gaullienne ne pouvait qu’attirer les balles.
Le “deep state” : ni fantasme ni caste unique, mais organisme en auto-allumage
On se trompe toujours sur l’« État profond ». On lui prête des catacombes, des conspirations nocturnes, des maîtres cachés. La réalité est plus banale et plus inquiétante : un biotope de carriéristes permanents, un compost d’agences, de diplomates, de généraux prudents, de technocrates indéboulonnables et de journalistes institutionnels qui, sans jamais coordonner leurs actions, pensent de la même manière.
Pas besoin de complot : l’habitus suffit. Ce milieu ne se réunit pas : il réagit. Il ne conspire pas : il s’autoprotège. Qu’un élu ose toucher au dogme — sécurité, alliance sacrée, marché sanctifié — et l’appareil s’embrase tout seul, comme un vieux moteur saturé d’huile idéologique.
Aucun chef, mais une réaction immunitaire parfaitement synchronisée
La clé n’est pas l’unité, mais la ressemblance : mêmes écoles, mêmes promotions, mêmes loyautés transatlantiques, mêmes réflexes de prudence « responsable ». De loin, cela ressemble à une volonté unique ; de près, c’est la convergence mécanique de milliers de carrières soucieuses de perdurer.
Les rivalités internes sont réelles, les coups de poignard fréquents, mais rien n’altère l’horizon : la continuité sacrée des doctrines. Les scrutins passent comme pluie sur un pare-brise ; la route, elle, reste identique.
Ce n’est ni un mythe, ni une conjuration, ni une oligarchie secrète. C’est pire : une inertie organisée, nichée dans les zones du pouvoir où il n’existe ni élections, ni responsabilités, ni fin.
En 2010, le Washington Post révèle que 854 000 personnes travaillent aux États-Unis pour des programmes classifiés, réparties sur 10 000 sites. Un archipel tentaculaire, un pays dans le pays.
Cet appareil n’est pas homogène :
- au Pentagone, certains généraux ont résisté à ceux qui voulaient armer l’Ukraine avec des missiles capables de frapper Moscou ;
- en 2007, sous Bush, les services secrets contredisent la Maison-Blanche en affirmant que l’Iran a interrompu son programme nucléaire militaire ;
- en 2013, Obama renonce in extremis à frapper la Syrie faute de preuves reliant l’attaque au sarin à Assad.
Les présidents passent. Les machines administratives demeurent — contradictoires entre elles, mais toujours souveraines.
John F. Kennedy face à la bête
Lorsque Kennedy entre en fonction, il souhaite éviter une guerre nucléaire et maintenir une coexistence relative avec l’URSS. La CIA n’en veut pas. L’épisode de la Baie des Cochons en est l’illustration parfaite : Kennedy souhaite camoufler l’opération en révolte interne des anticastristes ; Dulles veut une intervention militaire ouverte.
Voyant le président réticent, Dulles l’abreuve d’informations tronquées, espérant provoquer un échec qui obligerait Kennedy à frapper plus fort. Kennedy refuse. Il refuse le piège, il refuse la logique du « toujours plus ».
Il paiera quelques années plus tard, d’un prix que l’Histoire officielle préfère envelopper de mythologies rassurantes.
Trump, cabotin malgré lui
On peut voir en Trump le cabotin décrit par ses adversaires : bluffeur, joueur compulsif, improvisateur. Mais réduire ses zigzags diplomatiques à un trait de caractère serait une erreur : aucun président américain n’évolue en apesanteur. Chacun entre dans un nid déjà occupé, dont le premier habitant est cet immense coucou qu’est le complexe militaro-industriel, qui éjecte tout ce qui ne nourrit pas son appétit.
Trump n’y a pas échappé.
Le pouvoir absolu du président : l’une des farces les mieux entretenues
Sous ses rodomontades isolationnistes, il a dû céder aux impératifs du système. Il lui fallait fournir des preuves de force — même artificielles — pour éviter que l’appareil ne le renverse de l’intérieur.
Son errance entre « America First » et démonstrations militaires s’explique ainsi : ce n’est pas lui qui oscillait, c’est la cage qui imposait ses mouvements.
Aucun président n’y échappe. Aucun.
L’économie des armes : la logique implacable du profit
Günther Anders, philosophe à la lucidité glaciale, résumait la vérité que les technocrates de la guerre préfèrent enfouir :« Les armes ne sont pas faites pour les guerres : les guerres sont faites pour les armes. »
Toute la structure économique occidentale repose sur un triangle presque parfait :
- Réarmement : on fabrique, on finance, on justifie.
- Guerre : on déploie, on détruit, on consomme.
- Reconstruction : les mêmes entreprises rebâtissent ce qu’elles ont contribué à raser.
Une boucle sans morale, sans fin. Le numérique s’y est ajouté : la guerre cybernétique a intégré l’industrie informatique à cette danse macabre.
Le Projet pour un Nouveau Siècle : manifeste pour un empire perpétuel
En 1997, des stratèges et lobbyistes rédigent le Project for a New American Century (PNAC), plaidoyer brut pour une domination américaine garantie par la force. La diplomatie y apparaît comme un supplément d’âme facultatif ; l’avenir doit se bâtir par des interventions, des démonstrations de puissance, des guerres préventives.
Cette pensée persiste. En 2019, la RAND Corporation publie Overextending and Unbalancing Russia, manuel pour pousser Moscou à la rupture stratégique. Seuls les noms des rapports changent.
Un empire profond qui dépasse les présidents
Le conflit entre Trump et ses services secrets n’était pas un caprice : c’était une bataille contre un système ancien, affiné depuis la guerre froide. Allen Dulles méprisait Kennedy ; Kennedy le lui rendait bien. En façade, protocole. En coulisse, guerre ouverte. John F. Kennedy voulait une coexistence prudente. La CIA voulait la confrontation. Et au centre de cette lutte demeurait la question fondamentale : Qui gouverne ? Le président élu, ou l’appareil permanent qui se renouvelle sans jamais répondre de rien ?
Kennedy commit l’erreur cardinale : croire qu’il dirigeait l’État. Son destin tragique — quelles qu’en soient les interprétations — demeure le rappel le plus brutal de la vérité souterraine des États-Unis : le pouvoir élu se heurte toujours au pouvoir permanent.
Trump, dernier avatar d’une longue lignée d’illusions
On peut railler Trump pour son instabilité ou son impulsivité. Mais son errance diplomatique ne fut jamais un trait psychologique : elle fut le résultat d’une mécanique qui exige qu’un président parle d’isolationnisme tout en agissant en gendarme global, prêche la paix en livrant des armes, vante la souveraineté tout en orchestrant sanctions et blocus.
Ce n’est pas Trump qui dirigeait : c’est l’infrastructure impériale qui dictait.
Le slalom entre « America First » et frappes ciblées est la stratégie elle-même, imposée par l’appareil militaro-industriel.
Quand l’Empire se raconte des histoires pour survivre
Le discours de Tulsi Gabbard, annonçant la fin des aventures de « regimea change », pourrait presque séduire : l’image d’un pays qui se réveillerait enfin.
Mais le même jour, les navires américains avançaient vers le Venezuela.
Le même mois, la Maison-Blanche menaçait le Nigeria.
La même année, des bateaux étaient coulés dans les Caraïbes, équipages exécutés sans procès, conformément à une doctrine inaugurée sous Obama : tuer plutôt que capturer.
L’Amérique promet la fin de ses travers au moment exact où elle les reproduit.
Ce n’est pas un accident : c’est la nature même de l’Empire.
Un système né de la guerre froide, consolidé par la désinformation
Rien ne disparaît dans l’architecture du pouvoir américain : les vieux réflexes survivent, recyclés pour le présent. Le complexe militaro-industriel demeure l’un des moteurs les plus puissants de l’économie occidentale. Les services secrets, censés protéger la nation, se retrouvent régulièrement en position de saper leur propre gouvernement lorsqu’il tente de dévier la trajectoire impériale.
Les interventions militaires des États-Unis depuis 1991
1991 - Deuxième guerre du Golfe contre l’Irak : la première démonstration américaine de l’ère post-soviétique, mise en scène mondiale de la supériorité militaire.
1992 - Imposition d’une zone d’exclusion aérienne en Irak, contrôle permanent du ciel étranger.
1992–1994 - Intervention militaire en Somalie, sous couvert humanitaire, terminée dans le chaos.
1993 - Bombardement de Bagdad par des navires de guerre américains.
1994 - Intervention militaire en Haïti, nouvelle démonstration d’« exportation de la démocratie ».
1994–1995 - Bombardement massif de la Bosnie-Herzégovine, prélude à la fragmentation des Balkans.
1998 - Raid aérien contre une prétendue usine d’armes chimiques au Soudan — qui n’en était pas une.
1999 - Guerre de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie, pivot stratégique de l’élargissement vers l’Est.
2001–2021 - Vingt ans de guerre en Afghanistan : l’intervention la plus longue de l’histoire américaine.
2003 - Troisième guerre du Golfe contre l’Irak : invasion fondée sur des armes imaginaires.
2011 - Guerre de l’OTAN contre la Libye : chute de Kadhafi, chaos durable.
Depuis 2014 - Guerre contre l’État islamique (EI) au Moyen-Orient.
Depuis 2015 - Interventions militaires au Yémen, dans un conflit meurtrier oublié des médias.
Depuis 2017 - Participation directe à la guerre en Syrie, au-delà des opérations clandestines précédentes.
2020 - Assassinat ciblé du général iranien Qassem Soleimani : acte de guerre unilatéral.
2024 - Attaques de missiles contre les zones contrôlées par les Houthis au Yémen.
2024 - Frappe contre les Gardiens de la Révolution en Irak.
2025 - Attaques contre des installations nucléaires iraniennes.
Remarque finale:
À ces interventions officielles s’ajoutent les opérations clandestines, les actions de la CIA, les tentatives de changement de régime et autres ingérences invisibles,
dont aucune liste ne sera jamais exhaustive.