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Le Média Libre pour une Suisse indépendante et neutre...

Quand la paix approche, l’OTAN vacille : le vrai bilan du conflit ukrainien

1 Décembre 2025, 09:07am

Publié par Louis Giroud

À mesure que l’idée d’une paix en Ukraine gagne en crédibilité, un constat s’impose : l’accord qui se profile ne consacrerait pas une victoire, mais l’échec stratégique de l’OTAN. L’épuisement ukrainien, la lassitude américaine et l’impréparation européenne composent un paysage inédit où la paix devient un révélateur des faiblesses occidentales plus qu’un dénouement diplomatique.

Mais les ressources humaines du pays se sont effondrées, et l’Europe, malgré ses proclamations, découvre à quel point les leviers de pression existent. Des irrégularités financières imputées à Zelensky — quelques milliards de dollars, présentés presque comme une peccadille dans la rhétorique officielle — servent désormais de mécanisme discret pour infléchir son attitude. Dans cette atmosphère de désenchantement, l’idée d’un accord de paix cesse d’être un horizon lointain et prend la forme d’une issue plausible. Elle porte cependant une vérité que personne en Occident ne peut masquer: si la paix survient aujourd’hui, elle révélera une défaite d’une ampleur exceptionnelle pour l’OTAN.

 

Une confrontation assumée entre l’Alliance et la Russie

Derrière les déclarations diplomatiques et les récits simplifiés se trouvait une réalité qu’il faut formuler sans détour: la guerre ne fut jamais uniquement une affaire russo-ukrainienne. L’OTAN engagea ses armes les plus modernes, ses réseaux de renseignement, ses satellites, tout ce qui pouvait nourrir un affrontement sans exposer directement ses soldats. L’Alliance transforma le territoire ukrainien en champ de bataille indirect, persuadée que la supériorité technologique suffirait à imposer sa volonté.

Le résultat demeure implacable: malgré l’étendue de son soutien matériel et informatique, l’OTAN n’a pas réussi à infléchir durablement la dynamique du conflit. L’image d’une puissance militaire irrésistible se fissure, et avec elle l’idée même d’une alliance capable de dicter le cours des événements. L’échec ne se limite pas à un revers tactique ; il atteint la légitimité de l’institution qui structure depuis soixante-quinze ans la sécurité occidentale. Dans cette lumière, la paix n’est plus un aboutissement, mais un révélateur. Elle interroge l’existence même de l’OTAN.

 

La retraite américaine hors de l’Empire

L’analyse introduit ensuite un mouvement plus vaste, presque tectonique: la recomposition stratégique des États-Unis. Washington ne souhaite plus s’épuiser dans la gestion d’un front européen qu’il juge secondaire. Le désintérêt s’étend même à certaines zones asiatiques traditionnellement présentées comme vitales, du Japon à Taïwan. Le regard américain se déplace ailleurs: le Venezuela, le Groenland, et d’autres régions où s’esquisse une architecture nouvelle, une zone de souveraineté renforcée — une « forteresse américaine ».

 

Les exemples dans l’Histoire…

Ce repositionnement suit une logique ancienne: lorsqu’un empire se décompose, la nation qui l’a porté doit trouver un chemin vers sa propre sauvegarde. L’histoire fournit des exemples nets: Atatürk recomposant une Turquie amputée de ses provinces impériales; De Gaulle ramenant la France à une définition stricte d’elle-même pour éviter l’effondrement intérieur. Ce geste, l’Amérique tente de l’accomplir aujourd’hui. La figure qui incarne ce retrait volontaire n’a rien de classique: Donald Trump, avec ses manières abruptes, ses provocations et son absence de diplomatie, ramène le pays vers sa terre, vers son espace stratégique naturel, loin des illusions impériales qui auraient pu entraîner la nation entière dans une chute à laquelle elle n’aurait pas survécu.

 

Une Europe dans ses petits souliers face à ses choix

La conséquence immédiate de ce retrait s’impose déjà: l’Europe devra affronter seule la relation avec la Russie. Elle ne dispose ni de l’unité politique, ni de la vision stratégique, ni de la cohérence nécessaire pour assumer cette responsabilité. Pendant des années, elle s’est contentée de suivre le mouvement initié par Washington, convaincue qu’un alignement mécanique tenait lieu de politique. Elle se retrouve aujourd’hui devant la Russie avec une posture improvisée, vidée de sens, privée de protecteur fiable. Cette situation ouvre une période incertaine où le continent devra réapprendre à penser ses intérêts. Il lui faudra définir ce qu’elle attend réellement de sa géographie, de ses voisins, de son histoire récente. Le conflit ukrainien n’aura pas seulement bouleversé les équilibres militaires; il aura révélé le dénuement stratégique des Européens. Et tandis que les États-Unis referment les portes de leur empire, l’Europe se découvre seule dans un paysage où les certitudes anciennes ont disparu.

 

 

Mots clés de l'article /sujet:

Ukraine, Russie, Zelensky, OTAN, États-Unis, Europe, Guerre en Ukraine, Paix en Ukraine, Échec stratégique occidental, Retrait américain, Donald Trump, Géopolitique, Relations Europe–Russie, Conflit ukrainien, Souveraineté européenne, Ressources militaires ukrainiennes, Washington, Moscou, Diplomatie européenne

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Ukraine: Le moment où le mensonge ne tient plus

1 Décembre 2025, 08:00am

Publié par Louis Giroud

Il arrive un moment où les récits se fissurent d’eux-mêmes, non par vertu mais par lassitude, et les journaux occidentaux semblent en être là. Ils découvrent, à contrecœur, que la guerre d’Ukraine a déjà trouvé son verdict, et que l’obstination à refuser ce qui se présente sous leurs yeux ne produit rien d’autre qu’un trouble supplémentaire dans le regard.

Le mot de «défaite» ne sera pas prononcé; la pudeur ou la peur l’interdit encore. Mais tout, dans leur ton plus grave, désigne un horizon clos. Le réel se rappelle à eux avec la simplicité d’une évidence longtemps niée. Ce retournement n’a pas commencé dans les tribunes officielles, mais dans le monde plus austère de l’économie, peut-être parce que les chiffres n’ont pas d’idéologie. Depuis des mois, le Financial Times examine le conflit sans les lunettes roses du début et n’hésite plus, parfois, à mettre en cause l’Union européenne elle-même.

 

Les fissures d’un pouvoir

En juillet, les pages roses du quotidien londonien ont franchi un seuil : un portrait sans complaisance de Volodymyr Zelensky, comme si la mécanique de l’illusion s’était soudain arrêtée.
À Londres, le Telegraph s’est montré plus direct encore, soulignant l’ironie d’une visite parisienne destinée à sceller l’achat de cent Rafale, tandis qu’une affaire de corruption suit le président ukrainien comme une ombre fidèle.

Le contraste est saisissant : d’un côté, les avions, les discours, la mise en scène ; de l’autre, les fonds qui disparaissent dans les replis d’un système rongé de l’intérieur.

 

Les chiffres sont têtus, les sanctions se retournent contre l’Europe

La presse financière touche ici le point le plus sensible. Bloomberg rappelle que les sanctions frappant les compagnies pétrolières russes, comme les frappes contre les raffineries elles-mêmes, ont une conséquence limpide: les carburants augmentent pour les automobilistes occidentaux.
C’est la logique implacable de toute politique qui refuse le réel: on pense atteindre l’adversaire, et l’on se blesse soi-même. Depuis le début, les sanctions n’ont servi qu’à renforcer Moscou et à détourner une partie du monde vers les BRICS. Aujourd’hui, Bloomberg le dit sans détour : la stratégie militaire de l’Ukraine est elle aussi vouée à l’impasse.

Les frappes récentes contre trois raffineries russes provoqueront presque à coup sûr une nouvelle flambée des prix. Plus grave encore: l’Union européenne s’apprête à interdire tout carburant provenant de pays raffinant du pétrole russe. Alors faudra-t-il refuser les navires venus de Turquie ou d’Inde ?
Fermer les ports européens pour sauver une doctrine, quitte à étouffer son propre continent ?

 

Une Europe qui s’enivre de ses propres slogans

L’Union européenne ne calcule plus, ne raisonne plus; elle est ivre de ses propres slogans. La crise qui traverse les vingt-sept la laisse indifférente, comme si la souffrance économique n’était qu’un contretemps sur la route d’une mission supérieure. Elle veut se mesurer à la Russie, mais elle n’a ni l’argent, ni la cohésion, ni la volonté nécessaires pour soutenir ce rôle imaginaire.

 

Ursula von der Leyen propose d’emprunter 800 milliards d’euros pour réarmer l’Europe, tandis que l’Allemagne prépare de nouvelles coupes dans son système social. L’Europe se serre la ceinture pour tenir l’illusion d’une épée. Dans les salles grises du Conseil européen, certains États résistent encore à ce projet. Au Parlement, les critiques deviennent directes: les eurodéputés se succèdent pour dénoncer l’autoritarisme croissant de la Commission, réclamant parfois la démission de sa présidente. Un tel spectacle avait, jusque-là, relevé de l’impensable.

 

Le vertige autoritaire de Bruxelles

La réaction de Bruxelles suit une pente que l’histoire connaît trop bien: se refermer, durcir, surveiller. On tente de faire taire les voix dissidentes, de contrôler l’information, d’étendre la vigilance institutionnelle jusqu’aux marges.

Un journaliste italien est licencié pour avoir posé une question trop directe; des lobbyistes qui doutent de la compétence européenne voient leurs comptes bancaires gelés. Ces faits ne sont pas anecdotiques : ils composent une logique, celle d’un pouvoir qui, doutant de lui-même, cherche d’abord à étouffer ce qui le contredit. Rien n’indique que cette trajectoire s’interrompra d’elle-même. Deux motions de censure ont été déposées; aucune n’a abouti. La question demeure: l’Europe accepte-t-elle encore d’entendre la vérité sur elle-même ?

 

La guerre comme fuite en avant

Pendant ce temps, la réalité poursuit son cours. On prépare des hausses d’impôts, on annonce le retour du chômage, et tout cela pour financer une guerre qui profite à ceux-là mêmes qui la réclament.
Zelensky et son entourage détournent des milliards ; et lui, dans une sorte d’ivresse tragique, commande des avions français avec un argent qu’il n’a pas.

Dans les rédactions européennes, la lucidité réapparaît timidement: corruption, sanctions qui se retournent contre leurs auteurs, prix des carburants qui grimpent. Le moment est tardif, mais pas inutile. L’esprit, lorsqu’il se réveille, choisit rarement son heure.

 

Les forces en présence et la fatigue des nations

Reste à savoir si ce regain de lucidité traduit seulement l’humeur résignée des grandes entreprises européennes, voyant leurs marchés se défaire, ou s’il annonce une étape plus profonde : celle où l’on comprend qu’il faut désormais limiter les pertes et regarder la réalité en face. Les peuples fatiguent. Les gouvernements tergiversent. Les institutions se crispent.
Et derrière cette immobilité apparente, une évidence s’impose: l’Europe ne peut pas se perdre entièrement dans une guerre que d’autres ont voulue pour elle.

 

Le choix qui demeure

L’Europe doit choisir: persister dans l’illusion ou accepter la vérité nue. Elle a déjà payé un prix trop lourd pour poursuivre cette fuite en avant. Le moment est venu d’entendre ce que la réalité murmure depuis longtemps: toute guerre que l’on refuse de nommer finit par nommer elle-même ses vaincus.

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Iran: La menace nucléaire d’Israël désigne qui dirige la politique étrangère américaine

1 Décembre 2025, 07:23am

Publié par MARTIN JAY

N’est-ce pas l’aveu d’un double échec — celui de la politique étrangère américaine et celui d’Israël — que de voir une guerre contre l’Iran présentée comme la dernière planche de salut d’une hégémonie américaine qui vacille ?

Depuis des décennies, on s’interroge : qui, de Washington ou de Tel-Aviv, tient réellement la barre ? Dans les années 1970, sous Nixon, la plupart des analystes demeuraient convaincus — malgré l’ombre portée par l’assassinat de JFK — que les États-Unis restaient les maîtres du jeu et qu’Israël n’était qu’un instrument commode, utilisé pour discipliner un ensemble d’États arabes jugés turbulents et les maintenir alignés sur les intérêts américains. C’est pourtant à la lumière des événements les plus récents qu’il faut désormais évaluer si Israël a réellement rempli cette mission avec la rigueur et l’efficacité qu’exigeait Washington, surtout au moment où l’on s’accorde largement à reconnaître qu’Israël et les États-Unis se préparent ensemble à l’épreuve de force avec l’Iran.

 

Si la vocation d’Israël était de maintenir l’ordre régional au bénéfice de l’hégémonie américaine et de ses besoins énergétiques, comment ne pas voir, dans la perspective d’une guerre contre l’Iran, l’échec simultané de la stratégie américaine et de son allié ? Et comment ignorer que ce scénario se révèle au grand jour, avec une netteté presque brutale ?

 

Une dépendance malsaine

Deux révélations récentes concernant les attaques d’Israël contre l’Iran en juin — rebaptisées la « guerre des douze jours » — donnent à réfléchir. Elles illustrent à quel point la relation entre Washington et Tel-Aviv a dérivé vers une dépendance malsaine, Israël jouant le rôle de l’enfant capricieux brandissant l’arme de son père. L’ancien lanceur d’alerte de la CIA John Kiriakou, ainsi que l’influent universitaire John Mearsheimer, ont confirmé qu’Israël avait bel et bien menacé Donald Trump: si ce dernier refusait de livrer des bombes « brise-bunker » destinées à frapper les installations nucléaires souterraines iraniennes, Israël recourrait à l’arme nucléaire. Trump, fidèle à lui-même, s’est aussitôt exécuté.

 

Un signal politique et des dégâts limités

Un tel chantage révèle l’ampleur du déséquilibre qui caractérise désormais la relation entre les deux pays — une relation presque nabokovienne, où la figure de Lolita manipule son tuteur. Désormais, pour tout président américain tenté de résister aux injonctions israéliennes, la perspective d’un conflit mondial impliquant l’arme nucléaire n’est plus une abstraction. Elle constitue une option mise sur la table. Quant au raid lui-même, il n’a nullement été à la hauteur des espoirs de ses concepteurs. L’Iran, prévenu ou du moins conscient de ce qui se préparait, avait déplacé une partie de ses matériaux sensibles. Les frappes, loin de dévaster les infrastructures iraniennes, n’ont produit que des dégâts limités. Elles furent, au fond, davantage un signal politique qu’une opération décisive: un message envoyé à Téhéran indiquant que de telles attaques restaient possibles tant que Trump occupait la Maison-Blanche.

 

Pour les Iraniens, cette agression s’est presque muée en opportunité. Elle les a contraints à revoir leurs priorités, à identifier les failles de leur système défensif, à repenser leurs capacités militaires. Ils en ont fait un exercice grandeur nature, riche d’enseignements.

Pour les États-Unis, en revanche, difficile d’y déceler la moindre victoire.

Si les frappes avaient réellement réussi à démanteler la capacité nucléaire iranienne, même le plus médiocre des éditorialistes de Washington aurait fini par poser la question que redoutent tant les faucons : pourquoi entrer en guerre contre l’Iran si la menace nucléaire a déjà été éliminée ?

 

Sévère riposte iranienne

Ces dernières semaines, la présence navale américaine dans la région s’est renforcée, accompagnée de préparatifs pour assurer le ravitaillement en vol des avions israéliens — une condition sine qua non d’un conflit avec un pays aussi éloigné qu’un Iran désormais sur ses gardes. Cela confirme deux points essentiels. D’abord, la riposte iranienne lors de la première confrontation a porté un coup sévère aux infrastructures militaires israéliennes — un fait presque occulté par les médias américains. Ensuite, les États-Unis eux-mêmes ont vu leurs stocks s’épuiser, ce qui explique la pause rapide observée après ces douze jours de tension.

 

Besoin de « souffler » pour préparer une seconde phase

Washington et Tel-Aviv ont eu besoin de souffler, de se réarmer, de préparer une seconde phase, tandis que l’Iran consolidait sa défense aérienne et sollicitait la Russie et la Chine pour renforcer son arsenal.

Ainsi, Israël parvient à entraîner Donald Trump dans ce qui pourrait devenir une confrontation d’une ampleur inédite — une guerre que même les stratèges les plus pessimistes n’auraient osé imaginer. L’Iran, mieux préparé, ne sera plus surpris. L’utilisation de l’espace aérien azerbaïdjanais ne pourra être répétée. Les Israéliens ne disposent plus du moindre effet de surprise, ce qui laisse penser à certains observateurs qu’une attaque plus vaste, plus directe se prépare, cette fois avec les États-Unis comme acteurs à part entière plutôt que simples fournisseurs.

 

Le pire scénario envisageable

Le pire serait un scénario dans lequel Israël ou Washington justifieraient l’usage de l’arme nucléaire si une offensive conventionnelle venait à échouer. Et tout cela sous la présidence d’un homme élu sur la promesse d’en finir avec les « guerres sans fin » au Moyen-Orient. Comment Trump expliquera-t-il à son électorat que l’envoi de soldats américains mourir en Iran ne dépend plus vraiment de lui — mais d’Israël?

 

 

Source: Strategic Culture Foundation

Version originale en anglais: https://strategic-culture.su/

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L’auteur:

Martin Jay est un journaliste britannique mainte fois primés. Basé au Maroc, il travaille pour le Daily Mail. Il a couvert le Printemps arabe pour CNN et Euronews, puis, de 2012 à 2019, a exercé à Beyrouth pour de grands médias internationaux tels que la BBC. Il a collaboré au Sunday Times, à TRT World et travaillé dans près de cinquante pays en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Il a vécu au Maroc, en Belgique, au Kenya et au Liban.

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