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Le Média Libre de La Suisse Indépendante et Neutre...

La Syrie, un joyau de coexistence sombre dans le chaos

16 Décembre 2024, 21:12pm

Publié par James Nole

La coalition réunissant Israël, les Anglo-Saxons, l’Union européenne et le Qatar a franchi une nouvelle étape dans son entreprise de pillage du Proche-Orient, imposant sa loi par la violence et le chaos. Les propos glaçants du général américain Wesley Clark en 2007 résonnent comme une prophétie funeste : « Nous allons éliminer sept pays en cinq ans : Irak, Libye, Liban, Syrie, Somalie, Soudan, et enfin l’Iran. » Treize ans plus tard, ce sombre dessein est presque accompli.

Pour ceux qui ont eu le privilège de connaître la Syrie avant son délitement, le souvenir de ce pays est celui d’un sanctuaire de tolérance et de diversité. Pays laïc par essence, la Syrie accueillait en son sein un dialogue harmonieux entre les confessions, où chaque religion trouvait sa place dans le respect mutuel.

À Alep, l’Église orthodoxe, autrefois rasée par les combats, avait retrouvé sa splendeur grâce à la persévérance des habitants. La grande mosquée d’Alep, dynamitée par les islamistes, renaissait peu à peu de ses ruines. À Damas, la mosquée des Omeyyades, chef-d'œuvre architectural datant des années 706-715, abritait encore le tombeau de Jean-Baptiste, symbole unique d’un patrimoine partagé entre chrétiens et musulmans. Là-bas, dans la salle de prière, les prosternations musulmanes coexistaient avec les signes de croix des chrétiens, illustrant une ferveur qui transcende les clivages.

Une société où les femmes brillaient

Dans cette Syrie aujourd’hui disparue, les femmes jouissaient d’une liberté précieuse. Elles n’étaient pas contraintes de porter le hijab, choisissant leurs vêtements selon leurs envies. Loin des clichés diffusés par les médias, elles occupaient une place égale à celle des hommes. Avocates, professeures, députées, ministres : les femmes syriennes s’illustraient dans toutes les sphères de la société. En 2021, j’eus l’honneur de rencontrer la ministre de la Culture, une femme érudite et francophone, reflet de cette émancipation.

Les plaisirs simples d’une vie syrienne

Il était doux de flâner dans le quartier chrétien de Damas, de partager un verre d’arak entre amis, puis de traverser les souks animés du secteur musulman. Le souk al-Hamidiya, avec ses étoffes somptueuses, ses brocarts d’or et ses montagnes de fruits confits, émerveillait les sens. Non loin de là, la Maison de Saint Ananie, lieu emblématique où saint Paul fut baptisé, racontait une histoire sacrée et intemporelle.

La gastronomie syrienne, elle aussi, était une fête. Le célèbre glacier Bakdash de Damas proposait sa glace à la vanille parsemée d’amandes, un délice dont la saveur originelle avait toutefois pâti de l’embargo, contraignant les artisans à remplacer le lait frais par du lait en poudre.

Des acquis sociaux balayés par la guerre

La Syrie offrait à son peuple des droits enviables, rares dans cette région tourmentée. L’éducation gratuite, y compris au niveau supérieur, permettait à tous de s’élever. Le système de santé, également gratuit, était un modèle d’excellence. Malgré les affres de la guerre, les Syriens maintenaient leurs infrastructures et cultivaient leurs terres, résistant avec courage aux privations imposées par un embargo inhumain. Hélas, sous les coups de boutoir des terroristes financés par les puissances occidentales, la Syrie moderne et progressiste s’effondre. Ce pays, autrefois modèle de coexistence et de prospérité, sombre dans l’obscurantisme.À tous les Syriens qui ont fait preuve d’un courage inébranlable face à une machine de destruction implacable, je rends hommage. Vous incarnez la dignité et la résistance. Puissiez-vous trouver la force de préserver votre héritage face à l’adversité.

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