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Le Média Libre de La Suisse Indépendante et Neutre...

LA PEUR PANIQUE DES MAÎTRES FACE À LA DÉSOBÉISSANCE

14 Décembre 2025, 08:35am

Publié par Louis GIROUD

«Bruxelles» l’a compris et l’a bien enseigné à ses Sujets... avec les artistes comme sousris de laboratoire

 

Il y a des moments où les gens de pouvoirs ont un sursaut d’effroi... En découvrant par exemple que près de la moitié de la population a déserté les médias traditionnels; ce n’est pas une crise démocratique: c’est perçu comme une crise de confiance contre «En haut». Le drame n’est pas que le peuple s’informe autrement. Le drame est qu’il n’écoute plus les injonctions...

LA PEUR PANIQUE DES MAÎTRES FACE À LA DÉSOBÉISSANCE

On l’observe tous les jours, les médias dominants sont des courroies de transmission qui n’ont que peu de choses à voir avec l’information. Ils fonctionnent comme des haut-parleurs disciplinés, chargés de répéter ce que le pouvoir politique et économique a décidé d’appeler la réalité. Pendant longtemps, cela a suffi. On a enveloppé la contrainte dans du commentaire, la ligne officielle dans de la pédagogie, la soumission dans de la morale. Le peuple a suivi, parfois à contrecœur, souvent par fatigue.

Mais voilà: l’enfumage s’use. Et le traitement au corps des esprits finit par provoquer des réflexes de survie intellectuelle. Quand les citoyens commencent à lire ailleurs, écouter autrement, comparer, douter, le système ne parle plus de pluralisme. Il parle de danger.

 

La désinformation: ce mot magique qui dispense de penser

Le mot est devenu une clé universelle. Désinformation. On ne discute plus, on disqualifie. On ne réfute plus, on efface. Tout ce qui échappe au récit officiel est immédiatement pathologisé. Ce n’est pas faux, c’est toxique. Ce n’est pas discutable, c’est dangereux. Ce n’est pas un désaccord, c’est une menace pour la démocratie... Quelle imposture de l’évoquer celle-là !

La ficelle est grosse, mais elle fonctionne encore assez pour justifier l’arsenal. Bruxelles l’a compris avant tout le monde. L’Union européenne a cessé de faire semblant. Elle sanctionne désormais des opinions comme on sanctionne des infractions. Elle punit la parole, elle gèle la pensée, elle met à l’index.

Le cas de Jacques Baud est révélateur. Ancien officier du renseignement suisse, analyste critique du conflit russo-ukrainien, il ne commet ni crime ni appel à la violence. Il pense autrement. C’est suffisant. Le verdict va tomber: silence. Le débat n’est plus un droit, c’est une concession révocable.

 

Quand la censure s’habille en vertu

La pente était tracée depuis longtemps. Les artistes ont servi de laboratoire. La soprano Anna Netrebko, coupable d’être russe sans être suffisamment pénitente, a été effacée des scènes occidentales. Non pour ce qu’elle a dit, mais pour ce qu’elle est supposée incarner. La morale a remplacé le droit. L’allégeance a remplacé la liberté.

Ce qui se joue ici dépasse largement la géopolitique. Il s’agit d’un nouveau régime symbolique. Un régime où l’État, ou ses sous-traitants moraux, s’arrogent le monopole du vrai, du dicible et du fréquentable. Un régime où l’erreur officielle est excusable, mais où la vérité dissidente devient criminelle.

La Suisse, longtemps refuge d’une prudence institutionnelle, observe et imite. À pas feutrés, avec cette politesse bureaucratique qui donne à l’autoritarisme un air de règlement intérieur. La Berne fédérale ne censure pas, elle «régule». Elle ne fait pas taire, elle «protège l’opinion publique». Elle ne supprime pas des idées, elle «lutte contre les effets négatifs sur la formation de l’opinion». La langue est propre, aseptisée, chirurgicale. Le résultat est le même.

 

La crainte de ne pas passer par le sas moral des médias agréés

Ce que redoute le pouvoir n’est pas le mensonge. Il s’en accommode très bien quand il est utile. Ce qu’il redoute, c’est la comparaison. La possibilité qu’un citoyen lise, écoute, confronte et se fasse une idée sans passer par le sas moral des médias agréés.

Un peuple qui doute est ingérable. Un peuple qui discute est dangereux. Un peuple qui rit du sérieux officiel est déjà en sécession intérieure. Alors on sort l’artillerie lourde: lois, plateformes bloquées, sanctions administratives, procédures extrajudiciaires. La démocratie devient un espace surveillé, la liberté une tolérance conditionnelle.

On prétend défendre la société contre la manipulation, alors qu’on la protège surtout contre la pensée libre. On invoque la sécurité pour justifier la mise sous tutelle. On parle d’éthique pour masquer la peur. Peur de ne plus être cru. Peur de ne plus être obéi.

 

Épilogue provisoire: le ridicule des censeurs

Il y a pourtant une ironie magnifique dans cette panique. Plus le pouvoir serre la vis, plus il avoue sa faiblesse. Plus il censure, plus il révèle que son récit ne tient que sous perfusion. On ne bâillonne que ce qui menace. On ne bloque que ce qu’on ne parvient plus à convaincre.

 

À force de vouloir faire taire, Bruxelles et ses relais helvétiques transforment chaque voix dissidente en symptôme, chaque sanction en aveu, chaque loi en caricature d’elle-même. La censure moderne ne se présente plus avec des bottes, mais avec des rapports, des commissions et des slogans bienveillants.

 

La tentative désespérée de reprendre le contrôle des esprits

L’inquiétude est double: celle que le peuple se détourne des médias traditionnels: et celle que cela affecte ceux qui entendent commander.  C’est juste la conséquence que les médias se sont détournés du peuple depuis longtemps. Ce que l’on observe, n’est qu’une tentative désespérée de reprendre le contrôle sur des esprits qui ont compris une chose essentielle: penser par soi-même n’est pas un crime.

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